- mai 13, 2026
- Par 7buts
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Real Madrid : la réponse cinglante d’une journaliste à Florentino Pérez
La conférence de presse explosive de Florentino Pérez continue de provoquer une immense polémique en Espagne. Déjà très offensif envers plusieurs médias espagnols, le président du Real Madrid a également suscité l’indignation après des propos jugés misogynes visant une journaliste du quotidien ABC.
Face aux critiques adressées au club madrilène, Florentino Pérez avait notamment lancé : «Vous vous en prenez quotidiennement au Real Madrid. Regardez les deux articles que vous avez publiés aujourd’hui. L’un d’eux a été écrit par une femme dont j’ignore si elle connaît quoi que ce soit au football.» Une phrase immédiatement dénoncée sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias espagnols, beaucoup y voyant une attaque sexiste réduisant la légitimité d’une journaliste à son genre plutôt qu’au contenu de son travail.
Ce mercredi, la journaliste visée, Maria José Fuentealamo, a décidé de sortir du silence à travers un éditorial particulièrement incisif. Avec ironie et fermeté, elle a répondu point par point au président madrilène : «Florentino Pérez a déclaré lors de sa première conférence de presse depuis je ne sais combien de temps – excusez-moi, je ne suis pas de la rubrique Sports – qu’il «ne savait pas si je m’y connaissais en football». En d’autres termes, il a laissé la porte ouverte à cette possibilité, à savoir que je sois une commentatrice sportive de référence. Mais non, je ne le suis pas. Au cours de ma carrière de journaliste, j’ai touché, je dirais, à presque toutes les rubriques : de l’économie à l’enquête, de l’éducation à la santé… presque toutes sauf les sports. C’est pourquoi, quand mon téléphone a commencé à s’emballer en milieu d’après-midi et que j’ai vu que c’étaient mes amis qui m’envoyaient des messages sur Florentino, avec beaucoup d’exclamations, je n’ai rien compris. (…) À midi, j’avais déjà vu avec une certaine surprise l’annonce de la conférence de presse du président, car, en tant que journaliste, on sait comment ça se passe, mais comme je ne suis pas dans le sport, je n’y ai pas prêté plus d’attention. D’ailleurs, cela m’a un peu réjouie, car en tant que communicante, je défends toujours le fait de se montrer et d’assumer ses responsabilités. C’est pourquoi, ce à quoi je ne m’attendais absolument pas, en tant que journaliste non sportive que je suis, c’est qu’au cours d’une conférence de presse sur le Real Madrid et sa situation actuelle, Florentino parle – sans me nommer – de moi. «Une femme, je ne sais pas si elle s’y connaît en foot». Voici cette femme qui n’en revient toujours pas. C’est pour ça qu’en étant dans l’actualité et en publiant des choses que d’autres ne veulent pas, on s’habitue à ce que les politiciens nous lancent des piques, à ce que les corrompus ou supposés corrompus essaient de nous discréditer et cherchent même à nous traîner en justice… mais qu’un président du Real Madrid lui-même me consacre quelques mots simplement pour avoir donné mon avis ? À cette journaliste de second plan qui n’écrit pas sur le sport ? Je ne m’attendais pas à ça. Mais surtout, je ne m’attendais pas à ces références au football, car je ne parle pas de football dans ma chronique. Je parle de ce que le Real Madrid, en tant qu’institution historique, représente pour la société. De ses couleurs. De l’esprit sportif. C’est comme si au Bernabéu on jouait au basket, au baseball ou aux billes – note mentale : demander à mes collègues de la rubrique sportive si les billes sont un sport. Parce que je suis mère et que je sais à quoi jouent les enfants, qui sont leurs idoles et comment il faut prendre soin de ces figures de référence. Parce que je suis, en plus, voisine du quartier du stade. Oui, cher président, tout cela, c’est moi. Une femme, ah, une femme, qui, peu importe ce qu’elle sait du football, sait bien le mal que fait à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur du Bernabéu. Parce qu’il ne s’agit pas ici de football. Et maintenant, c’est moi qui me demande si vous le savez ou non.»