La guerre d’influence entre la FIFA et l’UEFA semble franchir un nouveau cap. Alors que les tensions se multiplient autour de la gouvernance du football mondial, plusieurs dirigeants européens verraient en Nasser Al-Khelaïfi l’homme idéal pour faire face à Gianni Infantino lors des prochaines élections présidentielles de la FIFA.
Selon des informations révélées par Politico et confirmées par The Telegraph, «certains responsables du football européen souhaiteraient porter le président du Paris Saint-Germain et de l’Association européenne des clubs de football (EFC) comme candidat face à Infantino lors du scrutin prévu en mars prochain».
Al-Khelaïfi, un profil qui séduit l’Europe
À la tête du PSG depuis 2011, Nasser Al-Khelaïfi occupe aujourd’hui une place importante dans les institutions du football international. Président de l’EFC, membre du Comité exécutif de l’UEFA et président du groupe beIN Media, le dirigeant qatari dispose d’un réseau solide auprès des acteurs majeurs du football européen.
Son image a également été renforcée par son opposition au projet de Super Ligue européenne, une compétition fermée imaginée par plusieurs grands clubs du continent. Une position qui lui a permis de gagner la confiance de nombreux dirigeants européens. Face à Gianni Infantino, réélu à deux reprises sans opposition depuis son arrivée à la tête de la FIFA en 2016, Al-Khelaïfi apparaîtrait donc comme un adversaire crédible.
Le Qatarien dément toute ambition présidentielle
Malgré les rumeurs, l’entourage de Nasser Al-Khelaïfi assure que ce dernier n’a aucune intention de briguer la présidence de la FIFA. «Nasser n’a absolument aucune ambition, intention ou intérêt concernant le poste à la FIFA et continuera à soutenir discrètement toutes les institutions du football mondial et européen», a déclaré un porte-parole du dirigeant à Politico. Pour l’instant, Al-Khelaïfi ne semble donc pas vouloir se lancer dans une bataille électorale, même si son nom circule avec insistance dans les couloirs des instances européennes.
Le projet d’Infantino provoque une nouvelle crise
Cette possible candidature intervient dans un contexte particulièrement tendu entre la FIFA et l’UEFA. Le projet porté par Gianni Infantino visant à ouvrir le capital de l’exploitation commerciale de la Coupe du monde à des investisseurs privés a provoqué une vive réaction en Europe. L’UEFA accuse notamment la FIFA de vouloir modifier profondément le modèle économique du football mondial sans concertation suffisante avec les acteurs concernés. L’instance européenne a dénoncé une volonté d’«utiliser notre sport pour s’enrichir et enrichir ses amis», renforçant encore le climat de défiance entre les deux organisations.
Une élection sous haute tension en mars
Gianni Infantino, président de la FIFA depuis 2016, terminera son mandat actuel en 2027. Les élections pour la période 2027-2031 sont programmées en mars prochain, avec une date limite de dépôt des candidatures fixée au 18 novembre. Dans sa tentative de convaincre les fédérations membres, Infantino a envoyé une lettre aux 211 associations nationales afin de défendre son projet commercial. Selon le plan présenté, les fédérations qui accepteraient la proposition pourraient bénéficier d’un financement pouvant atteindre 40 millions de dollars lors du prochain cycle, contre 10 millions dans le cadre du programme actuel.
«La décision de donner suite ou non à cette proposition vous appartient entièrement. Si vous décidez de poursuivre, ce plan de 10 milliards de dollars sera disponible à compter du 1er janvier 2027, marquant le début de la prochaine étape de notre collaboration. S’ils choisissent de maintenir le statu quo et de rejeter cette proposition, l’extension déjà prévue du programme Forward [financement du développement], d’un montant de 2,7 milliards de dollars, telle que présentée précédemment, restera en vigueur. Au total, lors du prochain cycle, qui débutera le 1er janvier 2027, chaque fédération membre aura la possibilité d’accéder à un montant maximal de 40 millions de dollars dans le cadre de cette proposition», aurait écrit Infantino dans son courrier. Un bras de fer se dessine donc entre la FIFA et l’UEFA. Reste désormais à savoir si Nasser Al-Khelaïfi acceptera finalement de devenir le visage de l’opposition européenne face à Gianni Infantino.


