Zinedine Zidane est officiellement le nouveau sélectionneur de l’équipe de France. Après quatorze années de règne de Didier Deschamps, l’ancien numéro 10 des Bleus prend les commandes d’une sélection qu’il connaît parfaitement. Mais si son immense popularité et son statut de légende devraient lui offrir une période de grâce, certains observateurs s’interrogent déjà sur un autre aspect de sa personnalité : son tempérament.
Son arrivée sur le banc tricolore était attendue depuis plusieurs années. Le 28 juillet dernier, la Fédération française de football a officialisé la nomination de Zidane, qui succède donc à Didier Deschamps après la Coupe du monde 2026. Libre depuis son départ du Real Madrid, où il a remporté trois Ligues des champions, l’ancien entraîneur madrilène avait expliqué avoir refusé plusieurs propositions afin de préserver son rêve de diriger un jour les Bleus. «Aujourd’hui est pour moi une continuité, un rêve. J’ai eu des propositions pendant quatre ou cinq ans pour reprendre un club et je les ai toutes refusées pour l’équipe de France. C’est la seule chose que je voulais faire. Je l’ai connue gamin, j’ai commencé minime, j’ai franchi toutes les étapes jusqu’à arriver à la sélection A. Je vais tout donner pour que cette équipe continue à gagner, c’est la seule chose qui m’anime», avait déclaré Zidane lors de sa présentation.
Zidane, une icône du football français
Son statut auprès du public français constitue évidemment un avantage considérable. Champion du monde 1998, champion d’Europe 2000 et figure emblématique de cette génération dorée, Zidane possède une aura peu commune. Tidiany M’Bo, journaliste du Winamax Football Club, a justement expliqué sur BFM TV pourquoi le nouveau sélectionneur bénéficie d’un tel capital sympathie. «Il a un fort pouvoir d’identification : on a eu la génération Platini, la génération Zidane, aujourd’hui la génération Mbappé. C’est un personnage qui incarne une époque pour tout un tas de suiveurs de l’équipe de France. Il incarne une France victorieuse, ce que n’était pas la France de Michel Platini qui était une perdante magnifique», estime-t-il. Mais derrière cette image presque intouchable se cache également un personnage beaucoup plus explosif.
Le tempérament de feu de Zidane
Durant sa carrière de joueur, Zinedine Zidane n’a jamais été un joueur comme les autres. Capable de gestes extraordinaires et de moments de génie, il pouvait également perdre son sang-froid. Son célèbre coup de tête sur Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde 2006 reste évidemment l’image la plus marquante de cette facette de sa personnalité. Mais cet épisode n’est pas isolé. «Zidane, c’est l’homme des deux buts en finale de Coupe du Monde 98, celui qui a débloqué le compteur. Mais c’est aussi l’homme du coup de tête, donc vous avez cette opposition des émotions entre le très positif et le négatif (…) On parle d’un joueur qui a pris 14 cartons rouges durant sa carrière, donc ça démontre bien une forte personnalité. Et pour s’imposer là où il s’est imposé, c’est à dire à la Juventus qui était l’un des plus grands clubs dans les années 90, au Real Madrid ensuite et puis avoir eu cette longévité en équipe de France, et là on ne parle que de la carrière de joueur, il faut évidemment une forte personnalité», rappelle Tidiany M’Bo. Le journaliste souligne également son important nombre d’expulsions au cours de sa carrière. «On parle d’un joueur qui a pris 14 cartons rouges durant sa carrière, donc ça démontre bien une forte personnalité», poursuit-il.
«Est-ce que Zidane sera attaquable ?»
C’est précisément la question que se pose Tidiany M’Bo. Jusqu’ici, Zidane bénéficie d’une image particulièrement protégée auprès du public français. Son palmarès, son élégance et ses exploits avec les Bleus ont construit une véritable légende autour de son nom. Mais le poste de sélectionneur pourrait changer la donne. «Maintenant, l’idée avec ce qu’il nous attend désormais dans la suite du roman Zidane, c’est est-ce qu’il va être capable de faire perdurer cet aura qui est immaculée ?», s’interroge le journaliste. Avant de poursuivre : «Il y a très peu de zones d’ombre qui sont adossées à l’image qu’on a de Zinedine Zidane. Ce totem d’immunité va-t-il perdurer pendant ce mandat de sélectionneur, ou au contraire aura-t-on un Zidane qui sera attaquable parce qu’il va devenir sélectionneur dans un pays où il y en a 70 millions ?»


