Mikel Arteta pensait avoir éteint la polémique. Après les critiques visant ses choix jugés trop prudents lors du match nul (1-1) face à Manchester City dimanche dernier, l’entraîneur d’Arsenal avait répondu avec aplomb en conférence de presse, vantant les qualités offensives de ses joueurs… jusqu’à qualifier son gardien, David Raya, de «plus offensif de la Premier League». Une déclaration qui a fait bondir Jamie Carragher, ancien défenseur de Liverpool devenu consultant, qui n’a pas mâché ses mots.
Dimanche à l’Emirates, Arsenal avait l’occasion de frapper un grand coup dans la course au titre. Face à une équipe de City privée de repères et affichant seulement 32,8 % de possession — du jamais vu pour un Pep Guardiola en championnat — les Gunners ont préféré verrouiller.
Arteta avait aligné un milieu de terrain compact avec Mikel Merino, Martin Zubimendi et Declan Rice, tandis que Leandro Trossard occupait le couloir gauche. Des choix qui ont laissé sur le banc deux armes offensives de poids, Ebere Eze et Gabriel Martinelli, buteur en toute fin de rencontre.
Une approche jugée trop frileuse par de nombreux observateurs, dont Gary Neville, qui avait déjà estimé qu’Arteta devait «lever le frein à main» s’il voulait prétendre sérieusement au titre.
Carragher démonte les arguments d’Arteta
Mais c’est surtout Jamie Carragher qui a porté l’estocade cette semaine dans le podcast Stick to Football. Pour lui, les explications d’Arteta relèvent davantage de la rhétorique que de la réalité.
«[Arteta] a commencé avec le gardien, en disant « nous avons le gardien le plus offensif de la ligue »», a rappelé Carragher. «Puis il a parlé de ses latéraux et je me suis dit : ce n’est pas vrai, car ce sont en réalité des défenseurs centraux. J’ai joué dans une défense à quatre sous Gérard Houllier, avec quatre centraux. C’est exactement ce qu’Arsenal a fait dimanche.»
Carragher a également ironisé sur la référence d’Arteta à Martin Zubimendi, présenté comme un numéro 6 créatif, et sur sa volonté de démontrer qu’Arsenal restait une équipe offensive malgré une composition extrêmement prudente.
«Il mentionne ensuite [Martin] Zubimendi, un joueur créatif du numéro 6. Il a ensuite parlé d’un joueur de champ extérieur évoluant avant-centre la saison dernière. Il a presque essayé de s’y opposer, mais ce n’était pas vraiment logique. Je peux comprendre qu’il se défende et n’écoute pas les experts, mais j’espère qu’il ne répète pas ce qu’il a dit à son staff et à ses joueurs. Parce que ce qu’il disait réellement ne prouve pas vraiment qu’ils forment une équipe offensive. L’équipe est là, devant vous.»
«Une équipe dépendante des coups de pied arrêtés»
Au-delà du système, Carragher pointe du doigt un problème plus structurel chez les Gunners : leur difficulté à se créer des occasions dans le jeu.
«On dirait presque que leur victoire en championnat dépend des coups de pied arrêtés», analyse-t-il. «Ils ont la meilleure défense, et ils finiront par encaisser le plus de buts. Et on a presque l’impression que si leurs coups de pied arrêtés fonctionnent, ils auront une demi-chance et que s’ils ne fonctionnent pas, ils n’en auront pas.»