Alors que Liverpool traverse un début de saison préoccupant, John Obi Mikel, ancien international nigérian et ex-joueur emblématique de Chelsea, a évoqué dans son podcast The Obi One Podcast les raisons profondes de la crise que vit actuellement le club de la Mersey. Selon lui, les difficultés sportives des Reds trouvent leur origine dans un drame humain : la disparition tragique de Diogo Jota, survenue le 3 juillet dernier dans un accident de voiture en Espagne.
«N’oublions pas qu’une immense tragédie s’est produite dans ce club. Une tragédie terrible, à laquelle personne ne s’attendait», a commencé Mikel, visiblement ému. Le Nigérian a tenu à rappeler la proximité qui lie les joueurs d’un vestiaire : «En tant qu’êtres humains, en tant que footballeurs, nous passions énormément de temps ensemble. Je passais plus de temps avec mes coéquipiers qu’avec ma propre famille. J’arrivais vers 9 h 30 et je rentrais chez moi vers 16 h 30. On voyageait, on dormait dans les vestiaires, à l’hôtel… On vivait ensemble. Perdre une figure aussi importante pour le club est une immense tragédie. Et oui, cela affecte forcément les joueurs, car nous restons avant tout des êtres humains.»
John Obi Mikel a notamment cité Mohamed Salah, très proche de Diogo Jota, comme exemple de cette douleur collective : «Quand on regarde Mo Salah en ce moment… Il était très proche de Jota, d’après ce que je sais. Il n’est plus lui-même. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Il faut donc être très prudent et mesuré dans nos critiques envers cette équipe de Liverpool. Certes, ils ne jouent pas bien actuellement, mais il ne faut pas oublier ce qui s’est passé cet été.»
Selon Mikel, les émotions refoulées, la tristesse et la perte d’un coéquipier peuvent profondément altérer le mental d’une équipe : «Peu importe leur niveau de jeu actuel, peu importe leur début de saison… Cela aura forcément un impact sur ces joueurs. Pour moi, quoi qu’il arrive au club, les émotions et les sentiments sont toujours présents.»
Pour John Obi Mikel, la situation dépasse le cadre du sport. L’ancien Blue appelle les observateurs et les supporters à faire preuve de compréhension : «Il faut se rappeler que derrière chaque performance, il y a des hommes. Ce vestiaire a perdu un frère, un ami, un compagnon de route. Les blessures émotionnelles sont invisibles, mais elles laissent des traces plus profondes que n’importe quelle défaite.», a-t-il conclu.