Ce dimanche, le football mondial s’apprête à vivre un moment historique. Lors de la réception de Liverpool à l’Etihad Stadium, Pep Guardiola dirigera son 1000ᵉ match en tant qu’entraîneur professionnel. Une étape symbolique dans la carrière du technicien catalan, qui a révolutionné le jeu depuis plus de quinze ans, de Barcelone à Manchester, en passant par Munich.
En conférence de presse, Guardiola a reconnu que ce cap ne pouvait pas mieux tomber : face à Liverpool, son plus grand rival de la dernière décennie. «Si je pouvais choisir un rival pour ce moment important de ma carrière, que je souhaite partager avec un très grand nombre de personnes, Liverpool serait le meilleur choix, surtout avec Jürgen [Klopp]. Je pense que nous avons poussé Liverpool à se surpasser et ils ont fait de même avec nous, bien sûr», a-t-il souligné.
Avec émotion, le Catalan a évoqué le respect mutuel et la complicité sportive qu’il partageait avec l’ancien entraîneur des Reds : «Nous avons contribué à créer cette rivalité à City au cours de la dernière décennie. Avant cela, c’était Manchester United contre Liverpool. Avec Jürgen [Klopp], c’est devenu la plus grande rivalité, peut-être parce que la Premier League est devenue une bataille entre nous deux. J’ai toujours aimé cette saine rivalité. J’ai toujours senti que nous nous respections beaucoup. Jürgen m’a beaucoup apporté, il me manque. Il m’a beaucoup apporté en me montrant à quel point je devais me surpasser pour essayer de le battre.»
Un parcours exceptionnel
Depuis ses débuts sur le banc du Barça B en 2007, Guardiola a enchaîné les succès. Avec le FC Barcelone, il a bâti l’une des plus grandes équipes de l’histoire du football moderne aux côtés de Lionel Messi, Xavi et Iniesta, raflant 14 trophées en quatre ans, dont deux Ligues des champions.
Au Bayern Munich, il a continué d’imposer sa philosophie basée sur la possession et le pressing, avec trois titres de champion d’Allemagne et deux Coupes nationales.
Puis vint l’aventure anglaise. Recruté par Manchester City en 2016, Guardiola a façonné une machine collective presque inarrêtable. En neuf saisons, il a remporté six Premier Leagues, une Ligue des champions, quatre Coupes de la Ligue, deux FA Cups, une Supercoupe d’Europe et une Coupe du monde des clubs.
«Nous avons accompli des choses incroyables à Barcelone, au Bayern Munich et ici. Incroyables. C’est difficile à réaliser, et si je devais recommencer, je n’y arriverais pas. J’espère que dimanche nous pourrons poursuivre cette histoire.», a-t-il confié.
Un perfectionniste infatigable
Toujours obsédé par les détails, Guardiola a décrit le secret de sa longévité : «Deux mille conférences de presse. C’étaient les meilleurs moments. Sans oublier les interviews. Non, quand j’ai débuté, je ne m’attendais pas à ça. Mais c’est un vrai bonheur. Tous les moments n’ont pas été faciles, mais j’ai vraiment apprécié le parcours jusqu’ici. J’ai eu beaucoup de chance. Pour mon premier match, j’étais nerveux. Plus anxieux qu’aujourd’hui. Ou, pour être honnête, je ne m’en souviens peut-être même plus. C’était il y a longtemps.»
«Le meilleur entraîneur du monde ? Les chiffres parlent»
À 54 ans, Guardiola est considéré par beaucoup comme le plus grand entraîneur de l’histoire moderne. Une étiquette qu’il accueille avec humour et humilité : «Beaucoup de travail. Du dévouement, de la passion, de l’amour. Personne ne me surpasse sur ce point. J’adore scruter les détails pour vaincre mes adversaires, convaincre les joueurs et les mener à la victoire ensemble. Les joueurs me suivent toujours. Toujours. Ils ont tout à fait raison. Je peux dire que je fais partie de ce groupe car les chiffres le prouvent. J’ai connu le succès et c’était un plaisir de voir mes équipes jouer. J’en fais partie. Cependant, je n’ai jamais pensé : « Je veux être le meilleur ».»