Kylian Mbappé est aujourd’hui le visage de l’équipe de France, son capitaine, son leader offensif, et l’un des joueurs les plus influents du football mondial. Mais avant d’enfiler définitivement le costume de patron, le Bondynois n’était encore qu’un talent incandescent, une promesse à polir. La Coupe du monde 2018 en fut le tremplin. Et Samuel Umtiti, artisan majeur du sacre tricolore en Russie, a accepté de raconter pour RMC comment le groupe France s’est réinventé pour tirer le meilleur de son prodige.
Mars 2017. Kylian Mbappé entre pour la première fois avec les Bleus contre le Luxembourg, un numéro 20 sur le dos, presque trop grand pour lui. Quelques mois plus tard, il récupère le 12 de Thierry Henry, symbole subtil d’un héritage offensif prestigieux. Puis, au Mondial 2018, Didier Deschamps lui confie ce numéro mythique : le 10, celui de Zidane, Platini, Ben Arfa, et tant d’autres artistes du ballon tricolore.
Sur le terrain, Mbappé devient le feu follet du flanc droit, un sprinteur irrattrapable, un déstabilisateur de lignes. Mais pour le mettre en orbite, l’équipe a dû accepter de renoncer à ses certitudes, comme l’explique Samuel Umtiti.
Umtiti : «En sélection, je devais changer ma manière de jouer»
Arrivé en équipe de France après avoir brillé au FC Barcelone, Umtiti découvre un football bien différent de celui d’Ernesto Valverde ou Luis Enrique. Fini les relances courtes, les sorties de balle propres, et le risque calculé à la catalane. Didier Deschamps, lui, a une idée claire : efficacité, rigueur, verticalité.
«En toute honnêtete, quand j’allais en équipe de France, je devais changer ma manière de jouer. J’avais des discussions avec le coach. Quand je suis arrivé, il m’a dit : «Sam par contre, les relances, les ressorties (ndlr de balle)… Tu vois Olive (ndlr Giroud) là-haut ? (Rires) Essaie de voir Olive». C’est vrai que j’ai dû m’adapter», raconte Umtiti en riant.
Le défenseur admet qu’il lui a fallu s’adapter : «A certains moments j’avais la chance aussi d’avoir un Paul (ndlr Pogba) qui me demandait le ballon donc on arrivait quand même de temps en temps. Mais c’est vrai que mon jeu était un peu différent quand j’allais en équipe de France. Et là, sur une compétition comme ça. Tu te dis, tu as 7 matchs pour remporter une compétition incroyable. Donc ça te coûte quoi, rien du tout. Ce discours là, on l’a eu entre nous, on s’en foutait. 7 matchs les gars, venez on défend. Et devant, chaque équipe qui voyait Kylian.»