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Florentino Pérez dégoupille : Tebas, Barcelone, les arbitres, l’UEFA… Le président du Real Madrid règle ses comptes

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L’assemblée générale du Real Madrid, organisée ce week-end dans l’auditorium du nouveau Santiago Bernabéu, a pris des allures de tir nourri. Florentino Pérez, fidèle à son sens de la dramaturgie, a livré un discours explosif, égratignant sans retenue tous les acteurs majeurs du football espagnol et européen : Javier Tebas, le FC Barcelone, les arbitres, certains médias, LaLiga, l’UEFA… Personne n’a été épargné.

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En ouvrant la session, le président madrilène a bien tenté de suivre le protocole : bilan économique, bilan sportif, nouveautés technologiques du stade, départs de légendes, arrivée de nouvelles figures. Mais très vite, le ton s’est durci, laissant place à une véritable charge politique contre ce qu’il estime être un système défaillant.

«Il est anormal et illégal…» : Pérez dénonce un football verrouillé

D’entrée, Florentino Pérez s’en est pris à ce qu’il qualifie d’entraves artificielles à la liberté des clubs : «J’ai entendu dire que le Real Madrid est contre tout, et ce n’est pas vrai. C’est juste que nous avons tendance à réagir plus que nous ne le voudrions. Il est anormal et illégal d’empêcher les clubs d’organiser leurs propres tournois. Il est anormal que l’UEFA tente de dicter notre sort et d’imposer des formats de compétition qui pénalisent les supporters. Mais n’oublions pas que ses dirigeants sont responsables devant les électeurs. C’est pourquoi nous sommes contraints de jouer des matchs en Asie, près de la Chine. Il n’est pas normal qu’au 21e siècle, regarder du football à la télévision devienne de plus en plus cher, alors que la technologie permet même des formats gratuits»

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Arbitres et médias dans le viseur : «Une situation inacceptable»

Pérez a ensuite insisté sur le rôle du Real Madrid dans la bataille qu’il estime devoir mener pour «protéger le football mondial». Selon lui, seul le club merengue aurait la force structurelle pour affronter le statu quo. «Je vais d’abord expliquer pourquoi le Real Madrid devrait mener ce combat. Le Real Madrid est sans doute le seul club en Europe à posséder la force nécessaire pour relever ce défi. Il y a plus de supporters du Real Madrid dans le monde que d’habitants dans l’Union européenne. Nous sommes le club le plus titré et le plus prestigieux financièrement. Et notre force réside dans le fait que nous formons une grande famille unie par des valeurs, ancrées dans l’histoire du Real Madrid. Il n’y a rien à craindre. Nous respectons toutes les règles. Vous ne pouvez pas nous faire pression avec des inscriptions refusées. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour la plupart des clubs. Beaucoup peinent à survivre. Nous savons tous, surtout en championnat, que la vie est plus simple quand on suit les décisions du président. Nous ne sommes pas seuls. De nombreux clubs nous demandent en privé de poursuivre le combat. Et c’est normal».

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Les arbitres espagnols ? «Scandaleux»

Le président madrilène a rappelé l’absence d’arbitres espagnols lors de la dernière Coupe du Monde des Clubs, un «indicateur clair du déclin». «Le niveau d’arbitrage en Espagne est également inacceptable. Il est scandaleux que la FIFA n’ait sélectionné aucun arbitre espagnol pour la récente Coupe du Monde des Clubs. Et bien sûr, il est inadmissible que Barcelone ait versé plus de 8 millions d’euros au vice-président des arbitres pendant au moins 17 ans, quelle qu’en soit la raison. Ce vice-président occupait des postes importants. Une période qui, par ailleurs, coïncide avec les meilleurs résultats de Barcelone en Espagne. Il n’est pas normal que le président de la Ligue fasse hypothéquer l’avenir de nos clubs pendant 50 ans par un fonds d’investissement (CVC). Il n’est pas normal que la Liga facture six fois plus cher que la Premier League. Il est également anormal que LaLiga alloue un budget aux médias. Certains médias ont été créés dans le seul but de nuire au Real Madrid, comme ce fut le cas pour Relevo. Et le fait qu’ils agissent de manière opaque est encore plus inquiétant. Leur président a refusé de nous communiquer ces informations. Il n’est pas normal non plus que LaLiga continue de perdre des millions d’euros de notre argent avec l’échec du musée des Légendes, censé justifier les investissements dans les médias. En fin de compte, il est anormal que le football soit gouverné par ceux qui ne cherchent qu’à préserver leurs privilèges».

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Tebas, l’ennemi juré : «Une honte»

Comme souvent, Javier Tebas, président de LaLiga, a été la cible privilégiée du patron madrilène. Le match délocalisé à Miami, soutenu par Tebas, en a été le point de départ : «Il est inhabituel que le président de la Liga fasse la promotion d’un match hors d’Espagne. Même le capitaine (du FC Barcelone, ndlr), Frenkie de Jong, trouve cela anormal. De même, il est inhabituel que la Liga accorde des primes supplémentaires à deux équipes, Barcelone et Villarreal, pour jouer à Miami. Et pourtant, nous devons supporter les tentatives de M. Tebas pour comparer cela à un match de NFL. L’événement de la NFL s’est déroulé sans accroc et dans le respect de la loi. La comparaison est absurde, car il bénéficie du soutien de tous les clubs de la compétition. Ce n’est pas le cas du match de Miami, qui ne bénéficie pas non plus du soutien de l’UEFA. Il s’agit simplement d’une nouvelle tentative du président de la ligue pour imposer sa volonté».

Puis est venu le tour de l’accord avec CVC, qualifié de catastrophe économique pour les clubs espagnols : «L’accord avec CVC a fait prendre conscience à de nombreux clubs que la perte d’une partie de leurs revenus pendant 50 ans compromet leur avenir. Nous sommes convaincus que cet accord sera invalidé par les tribunaux. Le Real Madrid, le FC Barcelone et l’Atlético de Madrid ont d’ailleurs déjà porté plainte. Je suis désolé, mais je dois mentionner que Barcelone s’y est également opposé, mais, coïncidence, ils ont abandonné cette action en justice lorsque LaLiga a autorisé l’enregistrement des joueurs. Hormis l’Espagne, CVC n’a pu s’implanter qu’en France, et le championnat français est en faillite. Tous les clubs sont perdants dans cette opération. C’est ce qu’ils appellent le projet Impulse. Je tiens à souligner un point important. Il s’avère que Tebas a décuplé son salaire, au détriment des fonds nécessaires à la survie de ses clubs. Il vous appartient désormais de déterminer les responsabilités de chacun. Le président de LaLiga a agi de sa propre initiative et à ses risques et périls. Il a compromis l’intégrité de la Ligue et devra en assumer la responsabilité. Il faut aussi parler d’une honte».

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Il a aussi critiqué la gestion d’une récente grève des joueurs : «voyez comment la protestation des joueurs de LaLiga a été gérée. Nous avons tous été témoins de la censure honteuse de LaLiga. Je ne sais pas ce qui était le plus embarrassant : le délai de connexion de 30 secondes ou le fait de se cacher derrière un prétendu «engagement pour la paix. Ils nous prennent pour des imbéciles, nous les supporters. Ils ont perdu la tête. Ce genre de comportement n’aurait pas sa place dans un championnat européen et entraînerait la destitution du président. Il n’est pas normal non plus que le président de LaLiga soit vice-président de la RFEF. Et je vais vous confier quelque chose : le président m’a proposé d’adhérer à la Fédération. Et j’ai dû lui répondre : « Vous ne me connaissez pas ». Quel que soit le conflit que cela implique, il est indéniable que ces postes doivent être supervisés par des personnes sans préjugés ni phobies».

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L’UEFA dans la ligne de mire : «Elles nous prennent pour des imbéciles»

Florentino Pérez a ensuite basculé vers le dossier brûlant de la Super League. Pour le président madrilène, la bataille contre l’UEFA est loin d’être terminée — et elle tourne même en faveur du Real Madrid : «Et je terminerai par la Super League. C’est essentiel. Nous avons démantelé un régime monopolistique de plus de 60 ans en un temps record. En 2021, l’UEFA menaçait les clubs d’exclusion. Et ils ont ouvert une procédure disciplinaire contre nous pour nous exclure de la Ligue des champions. Aujourd’hui, face à des décisions accablantes, la situation est radicalement différente. Et face à ces décisions, la Liga et l’UEFA les minimisent. Elles ne pensent qu’à apaiser les tensions. Elles nous prennent pour des imbéciles. Elles ont statué en notre faveur sur 21 points sur 23 et en ont payé le prix… Personne ne peut nous punir de travailler pour notre avenir. Notre dossier solide nous permet de réclamer des dommages et intérêts à l’UEFA pour le préjudice subi. Nous avons intenté une action en justice contre l’UEFA, demandant réparation et le droit d’organiser la compétition à l’avenir. Notre objectif n’est pas d’obtenir gain de cause, mais de faire aboutir nos revendications. Je tiens à remercier les équipes organisatrices pour leurs efforts. Nous avons tenté de parvenir à un accord, mais cela s’est avéré impossible. L’UEFA nous a incités à saisir l’ECA. Or, l’ECA exige que nous renoncions à tout recours juridique contre l’UEFA. Cela pourrait nous faire perdre des milliards d’euros que nous comptons réclamer».

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Conclusion incendiaire : «Ils ont perdu la tête»

Pour conclure ses attaques, Florentino Pérez a défendu une vision : un football plus transparent, moins cher, et même gratuit pour les fans. Il a salué la FIFA — une rareté dans son discours — pour avoir permis la diffusion gratuite de la Coupe du Monde des Clubs : «À mon avis, ce que nous voulons, c’est la transparence. Pas de compétition à huis clos. Et surtout, la mise en place d’une télévision gratuite pour le football. Nous l’avons fait lors de la Coupe du Monde des Clubs. Grâce à la FIFA, un enfant pauvre d’Afrique a pu regarder les matchs. Nous avons Unify, qui nous permettrait de diffuser les matchs gratuitement. Au moins, la FIFA a compris que c’est la voie à suivre, et je tiens à les en remercier. Je ne vois qu’une seule raison pour laquelle l’UEFA refuserait : reporter la décision d’un an signifierait une année supplémentaire de salaires mirobolants pour elle. C’est le cas, par exemple, du président de LaLiga, dont le salaire est supérieur à celui de son homologue de Premier League, alors même qu’il génère beaucoup moins de revenus. Nous avons gagné la bataille juridique et nous gagnerons les prochaines. Car c’est le meilleur projet pour tous. Et ils nous l’ont tous reconnu en privé»

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