Après plus de deux ans d’absence, Paul Pogba a enfin refoulé une pelouse de Ligue 1. Samedi soir, lors de la lourde défaite de l’AS Monaco à Rennes (4-1), le champion du monde 2018 a retrouvé la compétition en entrant à la 85ᵉ minute. Un moment fort, chargé d’émotion, mais aussi d’interrogations quant à ce que Pogba peut encore apporter au haut niveau. Car si le public du Roazhon Park lui a offert une ovation exceptionnelle, Sidney Govou, lui, appelle à la prudence.
Sur le plateau du Canal Football Club, Sidney Govou n’a pas caché ses doutes. Oui, Pogba a toujours un talent hors norme. Mais selon lui, les années et l’inactivité laisseront des traces.
«S’il peut devenir un joueur important à Monaco ? J’y crois moyennement même si c’est quand même un joueur très fort techniquement. C’est à lui de s’adapter. Pour son retour, il ne pourra pas faire les mêmes choses qu’il faisait par le passé. La vitesse d’exécution, il ne l’aura certainement plus mais techniquement il peut compenser dans une Ligue 1 qui est pour moi à un niveau moyen.» Pour Govou, le physique ne sera pas le principal obstacle : «Le foncier est la chose la plus facile à récupérer quand on n’est pas blessé. Je ne pense pas qu’il puisse retrouver le même niveau qu’avant, parce qu’il y a l’âge aussi, il a vieilli.»
Le Roazhon Park debout pour Pogba : un moment qui l’a bouleversé
La scène a surpris tout le monde. Au moment où Pogba s’apprête à entrer, c’est tout un stade qui se lève. Applaudissements nourris, respect total. Une image rare… pour un joueur de l’équipe adverse.
Pogba, touché, a raconté ce moment avec une sincérité désarmante : «J’ai été déçu de perdre ce match (1-4), mais finalement, c’est beau quand même. Je suis entré pour aider l’équipe à marquer et à ne pas prendre de but. L’accueil du public m’a vraiment touché. Voir ce public se lever et applaudir, je n’imaginais pas ça», a-t-il confié.
Le milieu monégasque a confié avoir vécu un mélange d’émotions presque contradictoires : «J’ai ressenti beaucoup d’émotions. J’étais heureux, mais aussi un peu triste du résultat. Le chemin a été long et aujourd’hui a été une étape importante. J’y suis parvenu et j’en suis ravi.»
Retrouver la forme : un long processus, mais une motivation intacte
Difficile d’oublier que Pogba n’avait plus disputé un match complet depuis le 12 mars 2022, avec Manchester United contre Tottenham. Plus de 30 mois sans 90 minutes… un gouffre dans une carrière.
Le joueur ne s’en cache pas : «Je me sens bien, il y a eu beaucoup de travail. J’ai encore besoin de temps pour retrouver la forme et jouer 90 minutes. Mais ça viendra avec le temps. On s’entraîne pour ça. On essaiera d’aider l’équipe au maximum. Au début, c’était étrange de voyager à nouveau avec le groupe, mais je me suis réadapté. On a un très bon groupe»
Et les supporters, eux, ont marqué le coup : standing-ovation à l’entrée, applaudissements à la sortie. Un accueil que Pogba n’a pas pris pour acquis : «Un grand merci aux supporters. Je voulais apporter une énergie positive, ne pas encaisser de buts et prendre du plaisir. Ça faisait longtemps… Je suis soulagé d’être de retour. Ça fait du bien. Je voulais apporter une énergie positive, ne pas encaisser de buts et prendre du plaisir. Ça faisait longtemps et je suis soulagé d’être de retour. Jouer au football, c’est ce que j’aime le plus au monde. Je me concentre sur le retour en forme pour aider l’équipe».
Un retour chez les Bleus ? Pogba ne ferme pas la porte
La question brûlante a été posée : peut-il revenir en équipe de France à temps pour la Coupe du monde 2026 ? La réponse est humble, mais pleine d’ambition : «Si je ne suis pas performant à Monaco, je devrai faire une croix sur l’équipe de France. Le chemin est long. Pour l’instant, je ne pense qu’à Monaco.»
En conclusion, Pogba s’est livré avec une intensité rare, évoquant deux années de douleur, de doute et de résilience : «Je suis un battant. Le football n’est pas terminé pour moi. Nous avons travaillé dur, nous avons attendu plus de deux ans pour revenir. Nous continuerons à travailler pour atteindre nos objectifs. Malgré tout ce qui s’est passé, les problèmes en dehors du terrain, c’est moi qui ai le plus souffert. J’attendais ce moment avec impatience. Il y a des moments où le mal essaie de vous faire perdre la tête et de vous faire croire que c’est fini. Mais Dieu existe et je crois en moi. Je crois en mes capacités. Je n’ai rien fait de mal et ce n’était pas de ma faute. J’ai toujours gardé espoir».