La polémique autour de la suspension de Cristiano Ronaldo continue d’enfler, et cette fois, c’est Darren Bent, ancien international anglais et consultant sur talkSPORT, qui s’en prend ouvertement à la FIFA. Selon lui, l’instance a clairement accordé un privilège exceptionnel à la star portugaise, un privilège dont n’ont bénéficié ni Nicolás Otamendi (Argentine) ni Moises Caicedo (Équateur), tous deux contraints de purger une suspension d’un match pour des faits similaires.
«C’est absolument scandaleux»
Interrogé mardi après-midi par Andy Goldstein, Darren Bent n’a pas mâché ses mots. Pour lui, la décision de la FIFA est incompréhensible, et surtout injuste pour les joueurs concernés par des fautes disciplinaires identiques : «Je dois savoir pourquoi ils ont fait ça. Si vous étiez Otamendi ou Caicedo, vous diriez : “Attendez une seconde, ce n’est pas possible.” C’est absurde qu’il ne soit pas suspendu et que je le sois. C’est absolument scandaleux. C’est désolant.»
Pour Bent, cette clémence envers Ronaldo n’est pas due au hasard. Il y voit une influence extérieure, voire politique : «On a tous vu son selfie. Je sais qu’il était en Amérique, à l’événement Trump, qu’il a dîné et tout. Et je crois qu’il était aussi avec le président de la FIFA. Peut-on leur faire confiance ? Si ça avait été le cas avec Messi, ils auraient fait la même chose. Ce sont les deux seuls joueurs autorisés à faire ça.»
«Ronaldo fait vendre des billets »
L’ancien buteur de Tottenham ou Derby County va plus loin et affirme que la FIFA agit par intérêt financier : «Ils ont fait ça parce que Ronaldo fait vendre des billets. Je comprends pourquoi ils l’ont fait, mais je ne suis absolument pas d’accord.»
Ronaldo, entre déclin sportif et popularité intacte
Bent rappelle que du point de vue strictement sportif, Cristiano Ronaldo n’a pas été décisif lors du dernier Euro 2024. Pourtant, sa popularité auprès des fans reste extraordinaire : «À l’Euro, il n’apportait rien. Mais quand il s’échauffe… le nombre de caméras braquées sur lui ! Même quand il tire au but à l’entraînement, c’est comme si quelqu’un avait marqué un but.»
«D’après ce que j’ai vu à l’Euro [2024], et j’ai beaucoup couvert le Portugal, il n’apporte rien. Mais quand il s’échauffe… Andy, je te jure… Je n’ai jamais vu Messi, et j’espère le voir à la Coupe du Monde, mais voir Ronaldo s’échauffer… Le nombre de caméras braquées sur lui pour le moindre geste, même quand il tire au but… C’est comme si quelqu’un avait marqué un but», a confié Bent.
«C’est injuste»
L’ancien attaquant britannique insiste : d’autres nations jouent aussi pour gagner la Coupe du monde, et ne devraient pas subir un traitement défavorable par rapport au Portugal.
«On parle d’éthique et de la manière dont les choses devraient être faites correctement. D’autres pays tentent de remporter la Coupe du monde, et l’Argentine défendra son titre. Certains joueurs bénéficient d’un traitement de faveur. Prenez Otamendi : qu’il soit titulaire ou simple joueur d’équipe, il sera indisponible car il est suspendu», a conclu l’ancien attaquant anglais. Bent n’est pas le seul à s’inquiéter de cette décision. Le présentateur Andy Goldstein a lui aussi dénoncé une décision «honteuse» et «incompréhensible».
Alors, que dit exactement la FIFA ?
D’après les documents consultés par l’agence Lusa, la sanction officielle est la suivante : Suspension totale infligée à Ronaldo : 3 matchs. Deux de ces trois matchs sont assortis d’un sursis valable un an.
Cristiano Ronaldo a déjà purgé un match (contre l’Arménie). Les deux autres ne s’appliqueront que s’il récidive dans l’année. Conséquence : il pourra jouer les deux premiers matchs du Portugal lors de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.