Rien ne va plus au Real Madrid. Battu 0-2 par le Celta Vigo au Santiago Bernabéu lors de la 16e journée de La Liga, plombé par un doublé du jeune Williot Swedberg, le club merengue a enchaîné sa cinquième défaite en sept rencontres, toutes compétitions confondues. Une spirale noire qui a laissé l’équipe de Xabi Alonso à quatre longueurs du FC Barcelone, leader après son spectaculaire succès 5-3 contre le Betis Séville.
La tension est telle dans la capitale espagnole que certains médias annoncent déjà la couleur : en cas de revers face à Manchester City mercredi, au Bernabéu, Xabi Alonso pourrait être limogé.
Mais cette vision, trop simple selon certains, manque un élément essentiel du problème. Et c’est Marcelino García Toral, l’entraîneur de Villarreal, qui l’explique le mieux.
Invité ce lundi dans l’émission El Larguero sur Cadena SER, Marcelino a livré une analyse aussi métaphorique que tranchante sur la crise madrilène : «Je dis toujours que c’est comme un sandwich. Nous, les entraîneurs, sommes le jambon et le fromage au milieu. Par-dessus, il y a une couche de pain, ce sont ceux qui donnent les ordres, ceux qui gèrent. Et en dessous, ce sont les joueurs»
Il développe : «Ce sont les véritables protagonistes du jeu, ceux qui permettent à un entraîneur de gagner des matchs. Mais lorsque les joueurs clés n’ont pas la capacité absolue de diriger les joueurs de second plan, il y a un manque évident… Le joueur doit comprendre que c’est l’entraîneur qui commande. Sinon, nous sommes en difficulté»
Selon lui, blâmer uniquement Xabi Alonso serait une erreur : «Quand les joueurs clés n’ont pas la capacité absolue de diriger les joueurs de second plan, le manque devient évident. Le joueur doit comprendre que c’est l’entraîneur qui commande. Sinon, nous sommes en difficulté.»
«On vit la victoire dans la solitude… et la défaite encore plus»
En homme d’expérience, Marcelino connaît mieux que quiconque la solitude du banc : «On vit la victoire dans la solitude… et la défaite encore plus. Notre rôle est d’assurer le succès, ce qui garantit la performance des footballeurs et de bons résultats.»
Il affirme éprouver un respect profond pour les entraîneurs sous pression : «(…) Cela me dérange toujours de voir un collègue en difficulté. On finit toujours par se retrouver dans des situations qu’on a déjà vécues soi-même.»
Villarreal dans la forme de sa vie
Si Marcelino analyse le Real Madrid avec lucidité, c’est aussi parce qu’il parle depuis une position solide : Villarreal réalise l’un des meilleurs débuts de saison de son histoire.
Avec 12 victoires, quatre matchs nuls et seulement six défaites en 22 rencontres, le «Sous-marin jaune» n’est qu’à un petit point du Real Madrid et deux du Barça, une performance rare pour le club valencien.
«Nous sommes extrêmement reconnaissants et satisfaits des performances de ces joueurs. Notre objectif est la victoire, et c’est une grande satisfaction pour nous d’être si proches du Real Madrid et de Barcelone après autant de matchs joués. Nous avons l’ambition de continuer ainsi le plus longtemps possible», a-t-il déclaré.
L’ambition est claire : viser haut, très haut. «Pour Villarreal, ce serait la première fois de son histoire qu’il disputerait la Ligue des champions deux fois de suite. C’est un beau défi.», a-t-il conclu.