Après avoir été désigné entraîneur catalan de l’année, Roberto Martinez s’est livré sans retenue sur l’état actuel de la Seleção, sur son capitaine Cristiano Ronaldo et sur les objectifs de l’équipe nationale portugaise en vue de la Coupe du monde 2026. Dans une longue interview accordée au quotidien Sport, le sélectionneur est revenu sur ses trois années à la tête du Portugal, tout en assumant pleinement son attachement profond à la culture lusitanienne.
Installé aux commandes de la sélection depuis 2023, Roberto Martinez reconnaît avoir été transformé par son expérience au Portugal. «J’ai beaucoup de sang portugais, et je le dis avec fierté. J’aime m’immerger dans la culture portugaise. Je crois que nous faisons partie de la culture ibérique. Après avoir travaillé 21 ans au Royaume-Uni et sept en Belgique, il devient très facile de découvrir, ou de revivre, la culture portugaise, qui comporte de nombreuses traditions et des aspects que l’on retrouve également en Espagne», confie-t-il.
Interrogé sur la possibilité que l’actuelle génération portugaise soit la plus talentueuse de l’histoire, Martinez a préféré la prudence. «C’est très subjectif. Je pense que la meilleure génération de l’histoire est celle de 1966, car elle a terminé troisième de la Coupe du monde en Angleterre, et c’est un fait objectif. Les résultats nous donnent les paramètres pour définir ce qu’est une génération dorée. Ensuite, chacun est prêt à donner son avis. Dans la génération actuelle, il y a des exemples incroyables, mais aussi dans le passé du football portugais, tout le monde se souvient des moments de Rui Costa, Luís Figo, João Pinto», affirme-t-il.
Mais c’est la diversité actuelle qui le fascine : «Il y a beaucoup d’excellents joueurs et de générations différentes. Ce qui est certain, c’est que nous avons aujourd’hui un mélange exceptionnel : le capitaine, Cristiano Ronaldo, a fait ses débuts la même année que la naissance de Carlos Forbs, le dernier arrivé. Ce mélange est fantastique. Le plus important, c’est que le niveau de formation au Portugal est exemplaire à l’échelle européenne et mondiale. Un pays de 10 millions d’habitants capable de former de tels joueurs… C’est ce qu’il faut souligner. Et puis, espérons qu’un jour nous pourrons dire oui : cette génération est la meilleure.»
Cristiano Ronaldo, toujours indispensable
Inévitablement, la question du rôle de Cristiano Ronaldo, 40 ans en 2025, revient sur la table. Pour Roberto Martinez, la réponse est claire : le capitaine reste essentiel. «Avec lui, nous observons un exemple récurrent chez les grands athlètes de haut niveau qui ont une longue carrière : ils s’adaptent aux besoins du jeu. Nous avons vu l’éclosion de Cristiano en 2004 et nous connaissons tout son parcours. Aujourd’hui, c’est un joueur très différent, qui exploite à merveille son expérience, ses déplacements et son sens du but… Au point d’avoir inscrit 25 buts lors des 30 derniers matchs de l’équipe nationale. Il ne s’agit pas d’un joueur qui joue pour le Portugal grâce à ses performances passées, mais d’un joueur essentiel dans les systèmes actuels de sa sélection. Cette capacité d’adaptation est fondamentale pour la longévité de tout footballeur», assure-t-il.
Alors que certains médias européens présentent le Portugal comme un candidat sérieux au titre mondial en 2026, Roberto Martinez refuse d’endosser ce rôle. «Notre objectif est de progresser à chaque match. Si nous parvenons à maintenir, comme en Ligue des Nations, la compétitivité au sein du vestiaire, nous devons viser l’excellence. Atteindre ou non une finale de Coupe du Monde est un parcours difficile et complexe, aux multiples facettes. Mais il est essentiel d’être prêt à tout et d’être une équipe qui n’a pas peur de rêver», a-t-il conclu.