Presque vingt ans après son arrivée au Portugal, David Luiz a levé le voile sur un épisode méconnu — et pour le moins surprenant — de sa carrière. Dans une interview accordée à La Gazzetta dello Sport publiée ce mercredi, le défenseur brésilien de 38 ans est revenu sur les coulisses chaotiques de son transfert à Benfica en 2007. Entre blessure cachée, examens médicaux ratés et intérêt du FC Porto, le joueur a raconté un récit où se mêlent destin, douleur… et une précieuse leçon donnée par son père.
Lorsque Ricardo Rocha quitte Benfica pour Tottenham en janvier 2007, le club lisboète se retrouve dépourvu en défense. Selon David Luiz, tout est allé très vite : «En janvier 2007, Benfica a vendu Ricardo Rocha à Tottenham. Le club avait déjà des dettes envers mon agent. C’est alors qu’il a proposé mon nom à Benfica pour les régler. Il ne restait que quelques jours avant la fin du mercato hivernal et le club n’avait aucun autre défenseur disponible. Je jouais même en troisième division brésilienne, avec Vitória, et nous venions d’être promus en deuxième division.»
À cette époque, Luiz évoluait en troisième division brésilienne avec Vitória, tout juste promu en D2. Rien ne semblait le destiner à un géant européen… si ce n’est une situation d’urgence.
Une blessure cachée et des examens médicaux échoués
Mais derrière ce transfert express se cache une vérité étonnante. Le défenseur brésilien arrive à Lisbonne presque incapable de marcher. «Je me souviens que j’avais une pubalgie et que je pouvais à peine marcher… Je suis arrivé à Lisbonne le 31 janvier, j’ai passé les examens médicaux le lendemain et je ne les ai pas réussis. Le président, évidemment, n’était pas au courant. Tout est resté secret. Pendant trois mois, j’arrivais trois heures en avance à l’entraînement pour faire de la kinésithérapie, puis je m’entraînais avec le reste de l’équipe comme si de rien n’était. La vérité, c’est que je me sentais mal, car je ne pouvais ni courir, ni contrôler le ballon, ni faire de passes. Même l’entraîneur ignorait mon état et me considérait comme faible. Je n’ai joué mon premier match qu’en avril», a-t-il révélé par la suite.
Le FC Porto voulait David Luiz — et son père a eu le dernier mot
Un an plus tard, alors que son contrat arrive à expiration en juin 2008, David Luiz attire l’œil d’un rival bien plus pressant : le FC Porto. «Mon contrat arrivait à échéance en juin [2008] et Benfica me proposait 3 000 euros par mois. J’avais alors 20 ans. Le FC Porto m’a offert un contrat de cinq ans, avec un salaire bien plus élevé. Je n’étais pas la priorité de Benfica, alors que Porto me voulait vraiment. C’est là que mon père m’a dit : “Ne crache pas dans la soupe. Respecte ceux qui ont cru en toi. Signe à Benfica, pas pour l’argent.” Ce fut une grande leçon de vie», a souligné l’actuel défenseur de Paphos.
Après avoir disputé ses premiers matchs en avril 2007, David Luiz s’impose rapidement. Il restera à la Luz jusqu’en 2011, devenant l’un des défenseurs les plus prometteurs d’Europe. Chelsea, impressionné, le recrute alors pour lancer une nouvelle étape de sa carrière.
S’ensuivra un long périple européen : Premier League avec Chelsea puis Arsenal, Ligue 1 avec le Paris Saint-Germain, retours au Brésil (Flamengo, Fortaleza) et aujourd’hui un nouveau défi à Paphos, à Chypre.