À la veille du dernier match de la 16e journée de Premier League entre Manchester United et Bournemouth, Ruben Amorim s’est livré sans filtre dans une longue interview accordée à Sky Sports. Le technicien portugais y dévoile une facette méconnue de sa préparation mentale : bien avant de poser ses valises à Old Trafford, il s’était déjà immergé dans l’univers impitoyable de la presse sportive britannique. Une immersion méthodique, presque obsessionnelle, nourrie par l’observation attentive de figures majeures comme José Mourinho, Jürgen Klopp ou Pep Guardiola.
Alors qu’il était encore sur le banc du Sporting Portugal, Ruben Amorim avait instauré une règle stricte : se couper volontairement de l’environnement médiatique portugais. Une manière de se protéger, mais aussi de nourrir une admiration profonde pour le football anglais.
«Je l’écoutais toujours au Sporting parce que, tout d’abord, j’avais la même règle. Je n’écoutais rien qui concernait le championnat portugais parce que j’essayais de me protéger, et ma façon de faire était d’admirer la Premier League», confie-t-il avec le sourire.
L’entraîneur des Red Devils avoue regarder tous les matches anglais et écouter religieusement les émissions de talkSPORT, amusé par la diversité des accents, mais surtout fasciné par la culture médiatique autour du football.
«Je regardais donc tous les matchs et j’écoutais talkSPORT, avec tous ces accents. Maintenant, je n’écoute plus ça, mais à l’époque, j’écoutais toutes les conférences de presse des entraîneurs, surtout les plus connus. Je les écoutais en voiture sur le chemin du retour, pour essayer de me préparer»
Mourinho, Klopp, Guardiola : une école à distance
Parmi les techniciens qui ont le plus marqué Amorim, trois noms ressortent naturellement. Pep Guardiola, référence absolue pour toute une génération d’entraîneurs. José Mourinho, figure emblématique de Manchester United, dont le passage a laissé une empreinte durable. Et Jürgen Klopp, pour son sens de la formule et son authenticité.
«Tout le monde écoutait Pep Guardiola, qui est une référence pour tous, et José Mourinho a eu son heure de gloire ici. J’ai donc essayé d’écouter et de comprendre tout le monde.» Mais c’est Klopp qui semble l’avoir le plus amusé et marqué humainement : «J’ai trouvé Jürgen Klopp très drôle. Ce n’étaient pas seulement les meilleurs entraîneurs, mais c’étaient surtout eux que j’écoutais.»
Humour et lucidité face à une Premier League impitoyable
Fidèle à son ton posé mais parfois pince-sans-rire, Ruben Amorim a également réagi lorsqu’on lui a demandé s’il aurait aimé affronter le Liverpool version Klopp. «Je n’ai pas besoin de plus de concurrence, je dois juste survivre à celle-ci. Je pense que cette saison est la plus compétitive de tous les temps, tous les clubs sont très intelligents et parviennent à recruter de bons joueurs», lâche-t-il dans un sourire.
Pour le Portugais, la Premier League actuelle est tout simplement la plus compétitive de l’histoire. Chaque club recrute intelligemment, chaque match est un combat. «Parfois, ces joueurs ne sont pas considérés comme étant de premier plan par les gens, mais je viens d’un autre monde, et si vous avez 40 millions de livres sterling [45,5 millions d’euros] à payer pour un joueur, alors nous parlons d’un grand joueur, donc je n’ai pas besoin de plus de concurrence», a-t-il souligné.
Manchester United sous pression
Sur le plan sportif, la réalité reste contrastée. Manchester United occupe actuellement la septième place de Premier League avec 25 points après 16 journées. L’affiche contre Bournemouth, lundi soir à Old Trafford, apparaît déjà cruciale pour rester au contact des places européennes.
Le contexte est d’autant plus délicat que les Red Devils ne disputent aucune compétition européenne cette saison et ont déjà connu une humiliation en Coupe de la Ligue, éliminés dès le deuxième tour par Grimsby Town, pensionnaire de League Two, aux tirs au but.
Malgré tout, Ruben Amorim refuse de céder au pessimisme : «Ce sera comme ça jusqu’à la fin, surtout en football européen. Wolverhampton [dernier du classement, avec seulement deux points après 16 journées] est en difficulté, mais tous les autres sont très proches, donc tout se jouera jusqu’à la fin de la saison», a-t-il conclu.