À la veille de la 19e journée de Premier League face à Wolverhampton, Ruben Amorim s’est présenté ce lundi en conférence de presse avec la franchise et la pédagogie qui le caractérisent. Entre un point médical préoccupant, des éloges appuyés envers Bruno Fernandes et une justification claire de son récent ajustement tactique, l’entraîneur de Manchester United a livré un discours à la fois lucide et ambitieux.
Sans surprise, le technicien portugais a confirmé l’absence de plusieurs cadres pour le déplacement face aux Wolves. Bruno Fernandes, toujours en convalescence, ne sera pas du voyage, au même titre que Kobbie Mainoo, Matthijs De Ligt ou encore Harry Maguire.
«Je ne sais pas comment Mason Mount sera pour ce match. Je pense que Kobbie Mainoo ne sera pas prêt, Bruno non plus, Matthijs non plus, Harry non plus… Je ne pense pas qu’on aura d’autres joueurs disponible», a-t-il détaillé, avant d’insister avec humour sur le cas de son compatriote : «Il ne jouera pas contre les Wolves, c’est certain. Vous pouvez le noter.»
Si certains joueurs pourraient effectuer un retour progressif à l’entraînement, Amorim s’est montré prudent quant à leur disponibilité à court terme, préférant ne prendre aucun risque inutile.
«Bruno disait déjà qu’il avait besoin de s’entraîner, mais on ne sait pas. Kobbie Mainoo va aussi reprendre l’entraînement sur le terrain, donc on verra. Matthijs et Harry rencontrent encore quelques difficultés, je ne m’attends donc pas à ce que les joueurs soient prêts pour ce match. Pour le prochain, je ne sais pas», a-t-il ajouté.
Un hommage appuyé au capitaine mancunien
Au-delà de l’aspect médical, Ruben Amorim a tenu à souligner l’importance capitale de Bruno Fernandes dans le vestiaire. Ancien joueur du Sporting, comme lui, le capitaine des Red Devils incarne à ses yeux un leadership total, parfois bruyant, mais toujours sincère.
«Il ne peut pas être du genre à ne pas parler lorsqu’il ne joue pas», a-t-il expliqué, avant de glisser, sourire aux lèvres : «Je ne sais pas s’il veut ma place ou non… Mais c’est un leader.» L’entraîneur portugais a insisté sur l’implication quotidienne de son meneur de jeu : «Il parle tout le temps, c’est pour ça qu’il est capitaine. Il a parfois des moments difficiles, notamment dans ses gestes, mais il a aussi beaucoup de qualités et il se donne toujours à fond, que ce soit en match ou à l’entraînement. Après chaque match, pendant sa récupération, il prend le temps d’aller observer l’entraînement des autres. Il fait beaucoup de choses que vous ne voyez pas, mais qu’il fait. C’est un excellent leader. Je ne peux pas changer, car les joueurs se rendront compte que je change pour vous, et ce sera la fin de l’entraîneur.»
Le choix tactique expliqué, sans renier son identité
Interrogé sur le changement de système opéré lors de la victoire 1-0 contre Newcastle, où Manchester United est passé d’un 3-4-3 à un 4-2-3-1, Ruben Amorim a tenu à clarifier sa position. Non, il ne s’agit ni d’un reniement, ni d’une réaction à la pression extérieure.
«Avant tout, c’est un processus. À mon arrivée la saison dernière, j’ai réalisé que je n’avais peut-être pas les joueurs pour exceller dans ce système, mais ce n’était que le début. Nous cherchons à construire une identité. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase différente. Nous n’avons pas beaucoup de joueurs et nous devons nous adapter, mais ils ont déjà compris les raisons de ce changement. Ce n’est pas dû à la pression des supporters, mais parce que nous savons désormais comment nous voulons jouer», a-t-il souligné.
Le message est clair : les principes demeurent, même si la structure évolue. «Les principes restent les mêmes, mais on peut changer de système. Je pense qu’on deviendra une meilleure équipe car, quand tous les joueurs seront de retour, on ne jouera pas systématiquement avec trois défenseurs. On va progresser, mais quand on parle de changer constamment de système… je ne peux pas me permettre de le faire, car les joueurs se rendront compte que je le fais pour leur propre bien, et là, c’est la fin pour l’entraîneur. Le moment de changer, c’est quand on joue bien avec notre système, si c’est la meilleure façon de gagner le prochain match», a-t-il poursuivi.
Amorim a toutefois prévenu contre les ajustements dictés par l’extérieur : «On savait déjà comment ils allaient réagir sous pression, et ce serait crucial. Je me souviens du match de l’an dernier. Je pense qu’ils sont plus puissants physiquement. Si on se repliait en défense à cinq, ils sauraient déjà quel joueur sauter pour créer une situation de deux contre un, et contre cette équipe, on perdrait. J’essaie simplement de progresser, et compte tenu des erreurs que j’ai commises la saison dernière, j’essaie d’en tirer des leçons et de m’améliorer», a-t-il conclu.
Wolverhampton, un adversaire à ne surtout pas sous-estimer
Malgré la dernière place occupée par Wolverhampton, Ruben Amorim a refusé toute forme de relâchement. Impressionné par la prestation des Wolves face à Arsenal, il a rappelé la rudesse et l’imprévisibilité de la Premier League.
«Ils ont montré leur véritable potentiel face à Arsenal [défaite 2-1], alors qu’ils auraient au moins pu obtenir un point. En Premier League, tout peut arriver. Ils ont leurs problèmes, nous avons les nôtres, mais pour ce match, il n’y a pas d’excuses. Nous devons gagner, et nous allons tout faire pour gagner.»