À 79 ans, Fabio Capello n’a rien perdu de son franc-parler. Dans une longue interview accordée à l’édition de lundi du quotidien espagnol Marca, l’ancien entraîneur du Real Madrid, de la Juventus, de l’AC Milan et de l’AS Roma s’est livré à une charge virulente contre l’arbitrage moderne. Selon lui, une grande partie des erreurs observées aujourd’hui — y compris malgré l’assistance de la VAR — s’explique par une raison fondamentale : les arbitres n’ont jamais été joueurs.
L’Italien ne prend aucun détour pour exprimer sa colère, sur un sujet qu’il admet lui-même trouver profondément irritant. «Les arbitres sont une mafia. Ils refusent de faire appel à d’anciens joueurs pour la VAR, des joueurs qui connaissent les mouvements sur le terrain, les mouvements qu’un joueur effectue pour s’arrêter, pour se soutenir… Et souvent, ils prennent de mauvaises décisions parce qu’ils n’ont pas joué et ne connaissent pas ces mouvements. Un joueur reçoit un coup au visage, se jette au sol, et ils sifflent», a-t-il commencé par déclarer.
«Mais pourquoi sifflent-ils ?! Si je mesure 1,90 m et l’autre 1,75 m, quand je bouge, mon bras est à la même hauteur que son visage. Pourquoi sifflent-ils ? Ça me met hors de moi, vraiment hors de moi», a poursuivi le commentateur sportif, aujourd’hui âgé de 79 ans, à propos d’un sujet qui, de son propre aveu, «l’agace beaucoup».
«Il faudrait désigner quelqu’un qui dise à l’arbitre : « Pour moi, ça ne ressemble pas à un penalty » ou « Si, ça en est un ». Avec l’UEFA, nous avons analysé 20 situations où des penalties ont été accordés. Elles ont été examinées par d’anciens joueurs et entraîneurs ; six d’entre elles étaient des penalties et quatorze ne l’étaient pas», a-t-il conclu.
Barcelone et l’affaire Negreira : Capello relance le débat
Toujours au sujet de l’arbitrage, Fabio Capello a évoqué le fait qu’il avait mené le Real Madrid au titre de champion d’Espagne en 1996/97 et 2006/07, malgré le fait que, selon certaines allégations, lors de ces deux saisons, Barcelone aurait payé José María Enríquez Negreira, alors vice-président du Conseil d’arbitrage, en échange de rapports.
«Que voulez-vous que je dise ? Ils ont essayé de nous arrêter, mais ils n’y sont pas parvenus… Ce n’était pas suffisant. Pensez aux efforts que nous avons dû déployer, à la force de cette équipe et à notre mérite. Si vous pensez que la victoire est toujours méritée, après celle-ci, elle l’est encore plus. Nous avons gagné contre tous !», a-t-il souligné.
«Je me souviens que les gens disaient : « C’est comme ça que le Real Madrid gagne, c’est comme ça que ça se passait. » Eh bien, ce n’était rien de plus que ça», a-t-il ajouté en riant, avant de refuser d’établir un parallèle entre ce scandale (qui fait toujours l’objet d’une enquête) et le soi-disant Calciopoli, qui a abouti à la relégation de «sa» Juventus.
«Mais ils n’ont pas payé, je vous le dis. Et cette histoire avec Negreira n’a rien donné. C’est une question pour vous, les Espagnols, pas pour moi. Parce qu’en Italie, oui, on a joué. J’ai gagné deux titres avec la Juventus. J’ai les deux médailles chez moi, mais ils ont relégué l’équipe en deuxième division», a-t-il conclu.
Outre le Real Madrid et la Juventus, il convient de rappeler que le CV de Fabio Capello comprend également des passages sur le banc de touche de l’AC Milan, de l’AS Roma et du Jiangsu Suning (le dernier club qu’il a dirigé, entre 2017 et 2018), ainsi que des équipes nationales seniors d’Angleterre et de Russie, remportant plusieurs trophées au passage.