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Les révélations de Robert Lewandowski sur sa carrière et la jeunesse au Barça

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Arrivé au FC Barcelone avec le statut de buteur d’élite et de leader naturel, Robert Lewandowski a rapidement compris que son rôle dépassait largement les limites du terrain. Dans une longue interview accordée au podcast High Performance, l’attaquant polonais s’est livré sans détour sur son adaptation au vestiaire blaugrana, la cohabitation avec une nouvelle génération de joueurs et les profondes mutations du football moderne.

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À bientôt 38 ans, Lewandowski incarne un pont entre deux époques. Celle d’un football plus brut, plus silencieux, et celle d’aujourd’hui, marquée par l’instantanéité, les réseaux sociaux et une approche radicalement différente de la gestion humaine.

Interrogé sur les fondements de sa réussite exceptionnelle, l’ancien buteur du Bayern Munich ne laisse planer aucun doute : «Je dirais les deux. Lequel est le plus important ? Je dirais que le mental représente 70 % de ce qu’il faut pour exceller au plus haut niveau, pas seulement pendant un an ou deux, mais sur le long terme. Le physique est également primordial, car le football évolue. Je dirais qu’il change énormément tous les cinq ans ; c’est ce que j’ai constaté depuis que je suis joueur. Si on compare le football d’aujourd’hui à celui d’il y a cinq ou dix ans, c’est le jour et la nuit. Pas seulement sur le plan tactique et en termes de jeu, mais aussi en dehors. Je m’entraîne tous les jours avec des jeunes de 17-18 ans, et je vais bientôt avoir 38 ans.»

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Un choc culturel dans le vestiaire blaugrana

Habitué à un cadre plus rigide et à une mentalité très exigeante au Bayern, Lewandowski a dû ajuster son approche en Catalogne. «Au Bayern, l’état d’esprit était différent car j’étais entouré de joueurs plus âgés, robustes et expérimentés. À mon arrivée à Barcelone, j’ai vu beaucoup de jeunes joueurs et j’ai essayé d’être plus exigeant avec eux, mais j’ai vite compris qu’ils n’appréciaient pas ce genre de comportement. Le club m’a même demandé d’être un peu plus sérieux, car il était essentiel que les jeunes joueurs comprennent l’importance du travail en dehors du terrain.»

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Le club lui-même l’a incité à adapter son leadership : «Avant de signer, ils m’en ont parlé. Ils m’ont dit qu’ils avaient besoin de quelqu’un comme moi, quelqu’un de mentalement et physiquement fort, capable de leur montrer que, pour atteindre le sommet, ce que l’on fait en dehors du terrain est primordial. Mais plus tard, en rencontrant les gens et en constatant que la culture était différente, j’ai en réalité appris d’eux, par exemple, à développer plus d’empathie pour tout ce qui entoure le football.»

Lewandowski pointe un changement fondamental dans le rapport à l’autorité : «Oui, parce que c’est une autre génération. Quand j’étais jeune, si un vétéran me disait : «Allez, il faut travailler plus dur», je répondais : «D’accord, je vais le faire.» Maintenant, non, il faut s’exprimer, il faut expliquer ; c’est complètement différent. Je suis plus âgé que certains parents des joueurs. Je suis plus âgé que le père de Lamine, par exemple. J’ai aussi des leçons à leur donner, et pas seulement l’inverse. J’ai beaucoup à apprendre.»

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Réseaux sociaux, argent et fragilité mentale

Pour Lewandowski, le football moderne n’est pas forcément plus sain. La pression constante, amplifiée par les réseaux sociaux, peut briser des carrières : «Je pense qu’à mes débuts, les joueurs ne comprenaient pas le football aussi bien qu’aujourd’hui. On n’avait pas internet, ni autant de ressources pour se tenir au courant de ce qui se passait ailleurs. Mentalité, préparation physique, psychologie… maintenant, il y a tellement de choses à apprendre. Avant, les jeunes joueurs hésitaient à poser certaines questions à cause du fossé des générations. Ce n’est plus le cas. Maintenant, ils sont ouverts, ils savent ce qu’ils veulent et ce dont ils sont capables.»

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Il cite Messi et Cristiano Ronaldo comme des exemples presque inatteignables de solidité mentale :
«Je ne sais pas, car pour réussir pendant de nombreuses années, comme Messi et Cristiano, il faut avoir un mental d’acier. Si on est mentalement fragile, je pense qu’il est difficile de rester au sommet, surtout aujourd’hui. En partie à cause de l’argent qu’on gagne très jeune ; avant, il fallait travailler des années pour avoir ce genre de revenus, et maintenant je pense que c’est beaucoup plus facile. De plus, avec tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux et internet, on peut passer du statut de star à celui de personne dévastée du jour au lendemain. Ces hauts et ces bas constants peuvent vous affaiblir»

Ayant connu le football avec et sans réseaux sociaux, Lewandowski se considère chanceux : «Je pense que nous avons dû travailler beaucoup plus dur (comparé à la jeune génération) pour atteindre nos objectifs, mais c’était peut-être un peu plus facile pour nous sans les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux sont très toxiques. Si vous lisez et écoutez tout ce qui se dit sur vous, c’est trop d’informations, et cela peut vous détruire. Nous avons pu vivre dans ce monde avec et sans réseaux sociaux. Personnellement, je sais me déconnecter des réseaux sociaux quand cela devient trop envahissant. Les jeunes générations ne le savent pas, car elles ne connaissent pas un monde sans eux. Est-ce que c’est bon pour elles ? On le saura peut-être dans dix ans, mais je pense qu’il sera plus difficile pour la jeune génération de rester au sommet.»

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Le moteur intérieur d’un enfant de Pologne

Enfin, l’attaquant blaugrana est revenu sur ses débuts modestes, loin des projecteurs : «Quand j’étais tout petit, j’avais un rêve, mais je ne savais pas vraiment ce que cela signifiait. Bien sûr, je rêvais de jouer pour de grandes équipes, dans de grands stades. Je savais que je devais travailler dur. Je viens de Pologne ; je n’avais pas de modèle, pas de figure polonaise à admirer. Tout ce que j’ai fait, et que je fais encore, c’est essayer. Si je vois un obstacle, j’essaie de le franchir ou de le surmonter. Si j’avais reculé devant un obstacle, je ne serais pas là.»

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Lucide sur la fin prochaine de sa carrière, Lewandowski l’aborde sans crainte : «J’étais un garçon polonais, ayant grandi dans une petite ville. J’ai toujours eu de grands rêves et la motivation de montrer à tous qu’ils peuvent réaliser les leurs. Je me suis dit que tant que je jouerais au football, je donnerais tout. Je sais que certains jours, une fois à la retraite, cela me manquera. Ce n’est qu’une partie de ma vie, et une partie de moi est prête pour le prochain chapitre, mais une autre me dit de continuer à me battre tant que je peux donner le meilleur de moi-même. Je n’ai pas peur de la retraite car je m’y prépare depuis des années. Le football est une part très importante de ma vie, mais ce n’est pas toute ma vie. Je suis très proche de la fin – peut-être dans un, deux ou trois ans – mais je ne ressens aucune pression. Si un jour je sens que quelque chose a changé en moi, je serai prêt pour la fin.»

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