À 40 ans, Cristiano Ronaldo continue de défier le temps. Avec dix buts et deux passes décisives en 11 matchs cette saison avec Al Nassr, le quintuple Ballon d’Or reste plus affûté que jamais, prêt à mener le Portugal vers la Coupe du monde 2026. Mais comment expliquer une telle longévité à un âge où la plupart des joueurs ont déjà rangé les crampons ? Fraizer Campbell, ancien espoir de Manchester United, pense avoir la réponse.
Dans une interview accordée à Goal, Campbell rappelle l’éthique de travail hors norme de Ronaldo dès ses débuts à Old Trafford : «C’est un de ces cas où la décision lui appartient entièrement. Ce ne sera pas une discussion du genre : “J’ai mal partout, je n’en peux plus.” Il est toujours très motivé. S’il voulait jouer encore trois, quatre ou cinq ans, je suis sûr qu’il en serait largement capable»
Pour Campbell, Ronaldo pourrait même repousser les limites de l’imaginable : «C’est incroyable de voir un joueur comme lui continuer à jouer (…). C’est stupéfiant. L’autre jour, je parlais avec quelqu’un et je lui disais que je pensais qu’il n’avait même pas encore joué 1 000 matchs ! Le fait qu’il puisse marquer 1 000 buts est d’un niveau tellement exceptionnel qu’il est difficile à imaginer»
«Son secret ? Le travail, encore et toujours»
Interrogé sur les «secrets» de cette longévité hors norme, Campbell a livré un témoignage révélateur sur la discipline de fer de Cristiano Ronaldo dès ses débuts à Manchester : «Il y en a beaucoup ! Il était le premier à arriver au centre d’entraînement et le dernier à partir. Il vivait pour le football. Tout ce qu’il faisait était axé sur la préparation, que ce soit pour la prochaine séance d’entraînement ou pour le prochain match.»
Et de se souvenir d’une habitude marquante : «C’est ce que nous faisons tous quand nous commençons à jouer au football : cet enthousiasme à apprendre et à progresser. Il avait l’habitude, à la fin de chaque entraînement, de prendre un ballon et de courir sur les 14 terrains de Carrington en dribblant. On voyait bien qu’il était déterminé à s’améliorer. Comme nous l’avons tous constaté les années suivantes, il a continué sur cette voie, et il continue encore aujourd’hui.»
Cette détermination, Campbell en est convaincu, a été nourrie par l’environnement exigeant de Manchester United à l’époque : «Il faut rendre hommage à l’environnement, car le niveau à Carrington et à Old Trafford était alors exceptionnel. Je me souviens, quand j’étais jeune, d’aller à l’entraînement : seuls les exercices du début de séance étaient intenses. Il fallait être irréprochable, car des joueurs comme Roy Keane ou Gary Neville veillaient à ce que chacun respecte les exigences, jusque dans les moindres détails.»
Un environnement qui a forgé un champion
Pour Campbell, la rigueur imposée par les cadres du vestiaire mancunien a façonné le mental de fer du futur capitaine portugais : «Cela a aidé les jeunes comme Cristiano, qui savaient qu’ils devaient être constamment au sommet de leur forme. C’était un défi, et il aimait ça. Il devait se confronter chaque jour à des joueurs expérimentés, et c’est ce qui l’a aidé à devenir le joueur qu’il est aujourd’hui.»
Vingt-deux ans après ses débuts à Old Trafford, Cristiano Ronaldo reste une icône vivante du professionnalisme, un exemple d’abnégation et de discipline. Fraizer Campbell conclut avec une pointe d’admiration : «Ce qu’il fait est hallucinant, mais c’est entièrement grâce à lui. C’est son éthique de travail, son dévouement. C’est un footballeur extraordinairement talentueux, mais surtout un travailleur acharné.»