Pour soutenir la candidature du Qatar à l’organisation de la Coupe du monde 2022, Zinedine Zidane avait accepté un rôle d’ambassadeur très lucratif. Une collaboration qui avait fait grincer bien des dents à l’époque et qui avait surtout déclenché une polémique retentissante. Parmi les voix les plus virulentes, celle de l’humoriste Christophe Alévêque, dont les propos à l’encontre de la légende du football français allaient se transformer en affaire judiciaire.
En 2011, alors que le débat autour de l’attribution du Mondial au Qatar battait son plein, Christophe Alévêque s’en était pris frontalement à Zinedine Zidane, ambassadeur officiel du dossier qatari. Rémunéré pour promouvoir cette candidature, l’ancien joueur du Real Madrid était devenu une cible privilégiée de l’humoriste, qui n’avait pas hésité à franchir les limites de la critique.
Lors d’une prise de parole restée tristement célèbre, Alévêque lâchait une charge d’une rare brutalité : «Des mecs comme Platini et Cantona prouvent qu’un footballeur peut avoir plus de deux neurones (…) L’exception c’est Zidane, qui est co* comme une bi**. Ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones. Qui, maintenant, profite de son image à outrance. Pour moi, c’est une forme de prostitution. Ce mec est une pu** ! (…) Qu’il crève dans le yaourt.»
Zidane contre-attaque et saisit la justice
Face à cette avalanche d’insultes personnelles, Zinedine Zidane avait décidé de ne pas se taire. Le champion du monde 1998 avait immédiatement contre-attaqué en portant plainte, estimant que sa dignité et son honneur avaient été gravement atteints.
Son avocat de l’époque, Me Brusa, avait justifié cette démarche dans les colonnes de RMC, dénonçant des propos inacceptables : «M. Zidane a décidé de se défendre parce que les termes utilisés dans cet article sont extrêmement durs et outranciers. Il est considéré comme une pute, on dit de lui qu’il n’a que trois neurones. C’est inadmissible. Nous ne sommes plus dans l’humour, dans la plaisanterie, mais on attaque la personne dans sa dignité. Les termes utilisés sont ignobles pour n’importe qui. Pas seulement pour M. Zidane. Il faudra trouver des solutions concrètes pour que la dignité et l’honneur de M. Zidane soient rétablis en France.»
Dans un premier temps, Zinedine Zidane réclamait 75 000 euros de dommages et intérêts. Finalement, la Cour d’appel de Paris avait rendu un verdict plus mesuré, mais symboliquement fort. Christophe Alévêque avait été condamné à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à Zinedine Zidane, auxquels s’ajoutaient 5 000 euros de frais de justice.