Avant de devenir une superstar mondiale au PSG puis au Real Madrid, Kylian Mbappé a révélé son immense talent sous les couleurs de l’AS Monaco. Un souvenir encore très précis pour Luis Campos, qui occupait alors le poste de coordinateur sportif au sein du club de la Principauté.
Arrivé à Monaco en 2013, le dirigeant portugais connaissait déjà la réputation du jeune attaquant, sans l’avoir encore observé de près. Il n’a pourtant fallu que quelques minutes pour être définitivement convaincu. «Je connaissais son nom avant même de l’avoir vu jouer. Il y avait déjà beaucoup de discussions autour de lui. Quand je suis arrivé à Monaco, j’ai demandé à aller le voir au centre d’entraînement de La Turbie. Il était 10h du matin. Le match n’avait commencé que depuis vingt minutes, le score était de 3-0. Trois buts de Kylian. Il n’y avait pas besoin d’être un grand spécialiste pour comprendre à qui on avait affaire.», raconte-t-il dans un entretien accordé à TF1. «La décision de le garder a été prise en quinze, vingt minutes.»
Au-delà du talent brut, Luis Campos a surtout compris très tôt qu’il fallait construire un projet spécifique autour de Mbappé. «Il a fallu adapter le projet collectif du club à son projet individuel. Je l’ai compris avec le temps et je l’ai toujours appliqué depuis. Il faut concilier le projet collectif du club, le projet collectif de jeu mais aussi le projet individuel des joueurs. Il faut travailler à chaque fois pour les imbriquer l’un dans l’autre. Quand je discute avec un joueur pour venir à Paris, je parle avec lui de l’importance d’adapter son projet individuel à notre projet collectif. Ils doivent être communs», explique-t-il, évoquant l’un de ses plus grands enseignements de dirigeant.
«Adapter le projet Mbappé, un gamin de 14-15 ans, à un projet collectif reste l’une de mes meilleures expériences. Dans une autre vie, j’ai été professeur des écoles. J’ai appris qu’un élève commence à s’ennuyer lorsqu’il comprend ce qu’on attend de lui. Pour qu’il reste concentré, il faut lui donner des exercices plus compliqués à résoudre. C’est ce qu’il s’est passé en U17 avec Kylian. Dans cette catégorie d’âge, c’était déjà trop facile pour lui. Pour continuer à le faire grandir, il fallait le mettre en difficulté. Kylian est un bon exemple de l’importance d’adapter un projet individuel au projet collectif. Au final, l’objectif visé c’est de rendre l’équipe plus forte.»