Dès son plus jeune âge, Kylian Mbappé avait déjà tout d’un phénomène. Son talent précoce faisait parler bien au-delà des terrains de jeunes, au point que son avenir semblait déjà tracé. L’un de ses premiers dirigeants à l’AS Monaco, Luis Campos, n’a d’ailleurs jamais douté en découvrant celui qui allait devenir l’une des plus grandes stars du football mondial.
À son arrivée sur le Rocher en tant que directeur sportif, le Portugais connaissait déjà le nom de Mbappé. Mais c’est lors d’une visite au centre de La Turbie que tout s’est confirmé. «Je connaissais son nom avant même de l’avoir vu jouer. Il y avait déjà beaucoup de discussions autour de lui. Quand je suis arrivé à Monaco, j’ai demandé à aller le voir au centre d’entraînement de La Turbie. Il était 10h du matin. Le match n’avait commencé que depuis vingt minutes, le score était de 3-0. Trois buts de Kylian. Il n’y avait pas besoin d’être un grand spécialiste pour comprendre à qui on avait affaire. La décision de le garder a été prise en quinze, vingt minutes», raconte-t-il dans une interview accordée à TF1.
Très vite, le défi est devenu plus complexe : comment intégrer un talent aussi hors norme dans un projet collectif cohérent ? Une réflexion qui a profondément marqué le dirigeant. «Il a fallu adapter le projet collectif du club à son projet individuel. Je l’ai compris avec le temps et je l’ai toujours appliqué depuis. Il faut concilier le projet collectif du club, le projet collectif de jeu mais aussi le projet individuel des joueurs. Il faut travailler à chaque fois pour les imbriquer l’un dans l’autre. Quand je discute avec un joueur pour venir à Paris, je parle avec lui de l’importance d’adapter son projet individuel à notre projet collectif. Ils doivent être communs. Adapter le projet Mbappé, un gamin de 14-15 ans, à un projet collectif reste l’une de mes meilleures expériences. Dans une autre vie, j’ai été professeur des écoles. J’ai appris qu’un élève commence à s’ennuyer lorsqu’il comprend ce qu’on attend de lui. Pour qu’il reste concentré, il faut lui donner des exercices plus compliqués à résoudre. C’est ce qu’il s’est passé en U17 avec Kylian. Dans cette catégorie d’âge, c’était déjà trop facile pour lui. Pour continuer à le faire grandir, il fallait le mettre en difficulté. Kylian est un bon exemple de l’importance d’adapter un projet individuel au projet collectif. Au final, l’objectif visé c’est de rendre l’équipe plus forte», explique-t-il.