Sur les terrains de Premier League, Rio Ferdinand incarnait la solidité et l’élégance défensive. À 47 ans, l’ancien pilier de Manchester United et de la sélection anglaise mène pourtant un combat bien plus discret. En couverture du dernier numéro de Men’s Health, l’ex-international a accepté d’évoquer sans détour les séquelles physiques laissées par sa carrière, notamment de graves problèmes de dos qui continuent de rythmer son quotidien.
«Pendant six ans, j’ai joué sous médicaments»
Le constat est sans filtre. Ferdinand révèle avoir longtemps joué en souffrant, au prix de traitements lourds pour rester compétitif au plus haut niveau. «J’ai des problèmes de dos depuis longtemps. J’ai des séquelles de blessures contractées durant ma carrière… Pendant six ans, j’ai pris des médicaments et reçu des injections pour pouvoir jouer. Ça m’a affecté. J’ai des crises de douleurs dorsales intenses qui m’obligent à passer quelques jours à l’hôpital ou en fauteuil roulant. C’est fou, mais ça arrive sans prévenir», confie-t-il.
Installé à Dubaï, aux Émirats arabes unis, l’ancien défenseur a décidé de reprendre le contrôle de sa santé. Pour la première fois depuis sa retraite, il s’est entouré d’un kinésithérapeute et d’un entraîneur personnel afin d’adopter une approche plus globale.
«Depuis que je suis à Dubaï, je consulte un kinésithérapeute pour la première fois depuis que j’ai pris ma retraite. Il me fait beaucoup de manipulations et autres, et dans son bâtiment, il y a aussi mon entraîneur personnel, donc il lui donne des informations sur mon entraînement. J’adopte une approche holistique dans ce que je fais actuellement, et j’espère que cela me sera bénéfique. Plutôt que de réparer quand quelque chose est cassé, il vaut mieux prévenir [les blessures].», explique-t-il.
Au-delà de la santé, Rio Ferdinand réfléchit à l’héritage qu’il laissera. Entrepreneur, consultant et fondateur d’une organisation caritative active depuis quinze ans auprès d’enfants défavorisés, il souhaite être reconnu pour son engagement et sa capacité à se réinventer.
«Je veux qu’on se souvienne de moi comme de quelqu’un qui a travaillé dur et qui a réussi dans divers secteurs. Que ce soit ma fondation, qui œuvre depuis 15 ans auprès d’enfants défavorisés, ma société de communication ou mes autres entreprises florissantes. Je veux simplement être quelqu’un qui passe à l’action, qui n’a pas peur du changement ni de l’échec, qui a toujours défendu ce qui était juste quand c’était nécessaire. Et si je peux inspirer d’autres personnes à faire de même, alors j’aurai le sentiment d’avoir accompli ma mission», affirme-t-il.
Montrer l’exemple à ses enfants
Père de famille, Ferdinand insiste sur l’importance de l’exemplarité. Pour lui, le travail et l’activité physique doivent être visibles, incarnés au quotidien. «J’ai des enfants qui ont besoin de voir le sens du travail. Ils ont besoin de me voir me lever et aller travailler. Ils ont besoin de me voir, avec Kate, aller à la salle de sport. Je veux qu’ils aient une vie saine et qu’ils considèrent que faire du sport ou simplement bouger est la norme. Et il ne s’agit pas de leur dire, ils ont besoin de le voir», souligne-t-il.
Et de conclure avec sincérité : «Mais, pour être honnête, je dois aller travailler pour garder la tête froide. J’aime travailler ; mes parents travaillaient. Ils étaient de gros travailleurs. C’est tout ce que je connais. Quand mes enfants parlent de moi, même s’ils disent «Papa m’aime» et «Papa a tout fait pour moi», je veux qu’ils disent aussi : «Papa travaillait dur. C’était un gros travailleur.» Vous comprenez ce que je veux dire ?».