La polémique autour de l’incident raciste présumé entre Gianluca Prestianni et Vinicius Junior lors du match entre Benfica et le Real Madrid (0-1), à l’Estádio da Luz, continue de faire réagir. Cette fois, ce sont deux anciens arbitres de renom, Mark Clattenburg et Eduardo Iturralde González, qui se retrouvent au cœur des critiques pour leurs prises de position jugées maladroites par de nombreux observateurs.
L’incident s’est produit à la 50e minute, juste après l’ouverture du score du Real Madrid lors du match aller des huitièmes de finale de la Ligue des champions de l’UEFA. Vinicius Junior a accusé le joueur de Benfica de l’avoir traité de «mono» (singe, en français) après sa célébration de but.
Intervenant sur Prime Video Sport UK, Mark Clattenburg a expliqué que l’arbitre sur le terrain avait correctement appliqué le protocole de l’UEFA après le signalement du joueur madrilène, tout en estimant que l’attaquant brésilien aurait pu éviter d’envenimer la situation.
«Il y a eu une discussion entre les joueurs. Vinícius n’a pas apprécié les propos tenus. L’arbitre applique le protocole relatif aux propos racistes. Étant donné que Vinícius s’est adressé à l’arbitre, ce dernier est tenu de suivre le protocole et les règles établis par l’UEFA pour ce type de situation», a-t-il déclaré, avant d’ajouter : «En tant qu’arbitre, j’ai déjà été confronté à ce genre de situation, lorsque des joueurs ont signalé des propos racistes sur le terrain. Tout ce qu’il peut faire, c’est le signaler. Ensuite, l’UEFA enquêtera sur l’affaire. Pour un arbitre, il est très difficile de gérer ce genre de situation. Ce n’est pas sa faute. Le problème, dans cette situation, c’est que Vinícius Júnior ne s’est pas facilité la tâche. Il a rendu la situation difficile pour l’arbitre. Vinicius Junior a marqué un but magnifique, mais il aurait dû retourner de l’autre côté du terrain et continuer à jouer». Des propos qui ont suscité de vives réactions en Angleterre, certains y voyant une forme de minimisation du problème.
De son côté, Eduardo Iturralde Gonzalez, intervenu sur la radio Cadena SER dans l’émission El Larguero, a rappelé la complexité de prouver juridiquement un acte de racisme sans preuves visuelles. «Mbappé a déclaré avoir entendu les insultes ; il sera également interrogé. Deux ou trois joueurs de Benfica se trouvaient près de Prestianni ; j’imagine qu’ils seront tous interrogés», a expliqué l’ancien arbitre espagnol.
Il a toutefois averti que, sans images ou éléments concrets, l’UEFA pourrait se retrouver dans l’impossibilité de sanctionner. «Ils chercheront une image où l’on peut voir quelque chose. Mais s’il n’y a rien, l’UEFA est impuissante. On l’a vu avec Diakhaby ici en Espagne. La justice ne peut pas sanctionner sur la base de simples convictions, elle doit se fonder sur les faits. Il sera très compliqué pour l’UEFA de prouver l’insulte de Prestianni. Espérons qu’il y aura des images et que cette affaire prendra fin», a-t-il conclu.