La controverse autour de José Mourinho ne faiblit pas. L’entraîneur de Benfica s’est de nouveau attiré les critiques après ses commentaires sur la célébration de Vinicius Junior lors du match aller des barrages de Ligue des champions contre le Real Madrid (0-1), et sur l’insulte raciste présumée de Gianluca Prestianni à l’encontre du Brésilien.
Mourinho a accusé Vinicius de provoquer les supporters et a rappelé, dans ses propos en salle de presse, que le joueur avait un passé d’incidents similaires. «Je me suis déjà exprimé lors de la séance d’interviews éclair et je souhaitais être plus objectif et indépendant qu’Álvaro [Arbeloa] et Kylian [Mbappé]. J’ai parlé avec Vinícius, qui m’a dit une chose, et avec Prestianni, qui m’en a dit une autre. Je pourrais être partial et dire que je ne crois que ce que Prestianni m’a dit, mais je tiens à rester objectif et à dire que dans le monde du football, et face à ce qui se passe sur le terrain, j’essaie toujours d’être le plus impartial possible. Je ne veux pas dire que Vinícius est un menteur et que Prestianni est un jeune prodige», a commencé Mourinho, poursuivant son analyse.
«Je ne voulais pas dire ça et je ne veux pas le dire. Álvaro a choisi une autre perspective, Kylian aussi, je ne veux pas m’étendre sur le sujet. La seule chose que je dirai, c’est que ça se produit toujours dans tellement de stades avec le même joueur, il y a quelque chose… J’ai dit à Vinícius sur le terrain : «Tu as marqué un but exceptionnel, pourquoi tu le célèbres comme ça ? Pourquoi ne pas célébrer comme Di Stéfano, Pelé ou Eusébio ? Pourquoi ne pas simplement savourer la joie d’être un joueur exceptionnel ?» Ça se produit toujours avec le même joueur, c’est la seule chose que je ne comprends pas», a-t-il conclu.
«José Mourinho se moquait de lui-même»
Ces déclarations ont provoqué une vague de critiques en Angleterre, après les commentaires de Jamie O’Hara, Jamie Carragher et Clarence Seedorf. Le journaliste Oliver Brown, dans un long article d’opinion pour le Telegraph, a dénoncé le manque de crédibilité de Mourinho.
«Malgré son caractère imprévisible et ses accès de colère à la moindre provocation, José Mourinho a le don de susciter la nostalgie. Sa réaction le mois dernier au but d’Anatoly Trubin, le gardien de Benfica, à la 98e minute contre le Real Madrid – célébrant le but d’un poing levé à côté d’un jeune ramasseur de balles de 14 ans qu’il avait bousculé dans le chaos de l’Estádio da Luz – en est l’exemple parfait. Excentrique, passionné et spontané, Mourinho a montré son côté le plus captivant. Malheureusement, il n’aura fallu que trois semaines et un match à élimination directe en Ligue des champions contre le Real Madrid, marqué par des accusations de racisme contre Vinícius Júnior, pour qu’il retombe dans son style vaniteux et ridicule», écrit Brown.
Le journaliste critique également la défense de Mourinho, qui a mentionné Eusébio pour tenter de justifier sa position, qualifiant cette approche de «glissement dangereux dans le genre de défense : “Certains de mes meilleurs amis sont noirs”». Brown souligne l’incohérence de l’entraîneur portugais, accusant Mourinho d’exiger le respect dans les célébrations tout en persécutant les arbitres et en multipliant les provocations sur le terrain.
«Après tout, Mourinho est connu pour sa retenue quasi angélique dans sa façon de célébrer, réagissant à chaque succès avec une humilité exemplaire. C’est ce courant de malveillance sous-jacent qui a refait surface cette semaine dans ses déclarations concernant la célébration excessive de Vinícius Júnior. L’hypocrisie était si flagrante qu’on aurait dit que José Mourinho se moquait de lui-même. C’est là tout le problème lorsqu’on tente de donner un sens à ce dernier épisode. Bien que Mourinho ait toujours été un provocateur professionnel, il est devenu impossible de le prendre davantage au sérieux», conclut-il.
L’affaire ne devrait pas se clore rapidement : l’UEFA a ouvert une enquête suite à l’incident raciste présumé. Vinicius accuse Prestianni de l’avoir traité de «singe» et le joueur de Benfica risque une suspension de dix matchs si l’insulte est avérée