Arrivé au Stade Rennais en provenance de l’Olympique de Marseille, Valentin Rongier a vu son désormais ancien coach, Habib Beye, faire le chemin inverse. Remercié par Rennes, le technicien s’est engagé avec l’OM et s’apprête à faire ses débuts sur la pelouse du Stade Brestois 29. Avant ce rendez-vous très attendu, le milieu de terrain de 31 ans a livré une analyse aussi posée que lucide sur le départ du coach franco-sénégalais.
En conférence de presse, Valentin Rongier n’a pas cherché à esquiver le sujet. Avec calme et maturité, l’ancien Nantais a reconnu que la séparation avec Habib Beye s’inscrivait dans une logique presque «normale» du football moderne : «J’ai maintenant un peu d’expérience dans le foot, ça fait longtemps que je suis dans cette bulle, et j’ai l’habitude. Dans le football actuel, il y a énormément de mouvements, que ce soit les joueurs ou les coachs. Non pas que l’on ne s’attache pas aux personnes, mais on sait que ça fait partie du job et que ça peut arriver à tout moment. On était certainement arrivé à la fin de quelque chose, les dirigeants ont pris cette décision. Les joueurs, on n’a rien à dire là-dessus, seulement se mettre au travail et prendre leurs responsabilités, parce que si ça n’a pas fonctionné, ce n’est pas uniquement la faute du coach, mais de tout le monde. Il y a une grosse remise en question du groupe»
Rongier défend Beye : «Je n’ai pas senti le groupe l’abandonner»
Relancé sur le ressenti du vestiaire vis-à-vis de l’ancien entraîneur rennais, Rongier a refusé de charger Habib Beye, bien au contraire. Le milieu de terrain évoque une relation saine, malgré les difficultés sportives : «Je ne vais parler que pour moi. Moi, je continuais d’échanger avec lui, je n’ai pas le sentiment que le groupe l’ait abandonné. Alors, peut-être que les résultats de cette période n’aidaient pas les troupes à garder le moral, à trouver cette énergie positive à mettre dans l’entraînement et les matches. C’est parfois difficile à expliquer. Mais si c’est le cas pour certains, je trouve que c’est un peu dommage car nous ne sommes «que» des joueurs et il faut qu’on garde toute notre énergie pour le terrain. La vérité du football, c’est le terrain.»
Rongier insiste aussi sur l’ouverture d’esprit de son ex-coach : «Le sentiment que j’avais quand on travaillait avec le coach Beye, c’est qu’il était à l’écoute, aussi. Quand on allait le voir pour lui dire qu’on avait besoin de travailler telle ou telle chose, il essayait de mettre ça en place avec ses adjoints, à l’entraînement. Lorsqu’on a enchaîné les bons résultats, on ne parlait plus de ces soucis-là. C’est le lot du sport, du foot, tout n’est pas linéaire. C’est à nous, les joueurs, d’assumer notre statut. On est en grande partie responsable de ce qu’il s’est passé.»