Coéquipier de Zinedine Zidane lors de la Coupe du monde 1998, Stéphane Guivarc’h a surpris tout le monde en lâchant une déclaration sans filtre. Dans un entretien accordé à So Foot en octobre 2023, l’ancien buteur des Bleus a estimé qu’il aurait pu remporter le Ballon d’Or 1998… s’il s’était montré plus clinique devant le but sous le maillot tricolore.
Le 18 juillet 1998, la France décroche sa première Coupe du monde en écrasant le Brésil 3-0 au Stade de France. La soirée est marquée par le doublé de Zinedine Zidane, qui sera sacré Ballon d’Or quelques mois plus tard. Pourtant, Stéphane Guivarc’h n’oublie pas qu’il a, lui aussi, eu sa chance ce soir-là : «La Coupe du Monde ? Mon seul regret, c’est qu’il me manque un but et j’ai eu l’opportunité d’en mettre un en finale (face au Brésil, ndlr). J’aurais préféré en mettre 20 de moins avec Auxerre et marquer en finale de Coupe du monde ! J’ai beaucoup trop joué cette année-là, 72 matches je crois, j’étais cramé. Si réussir une bonne Coupe du Monde m’aurait permis de remporter le Ballon d’Or ? Oui, oui… Mais même si je marque en finale les deux buts que Zidane marque, hein. Parce que Zidane, sa Coupe du monde avant ces deux buts, c’est très moyen, hein. Moi, j’étais seul en pointe, avec Youri (Djorkaeff) et Zinedine derrière, certes, mais sur les côtés, c’était Liza (Bixente Lizarazu) ou Lilian (Thuram), quoi. Aimé voulait un onze compact. Il me disait: « Tu fais le pressing à fond ». Et je savais qu’après ça j’allais sortir au bout d’une heure pour que Duga (Christophe Dugarry) ou (David) Trezeguet injectent du sang neuf. C’était le deal», avait déclaré l’ancien numéro 9 de l’équipe de France, avant de poursuivre.
«C’est bien je trouve, quand c’est carré. J’en garde un très, très bon souvenir d’Aimé. Très respectueux, correct, qui dit pourquoi tu joues, pourquoi tu ne joues pas, parce qu’on est 22 quand même, il y en a onze qui regardent et qui aimeraient bien jouer aussi. On se faisait défoncer, Aimé en tête ! Donc il est parti sur un système plus fermé car la force de l’équipe, c’était sa défense béton. Il savait qu’on ne prendrait pas ou peu de buts et qu’on aurait toujours quelque chose à jouer, avec le talent de Youri et de Zizou, notamment. Mais forcément moi, je me tapais tout le travail de sape du premier défenseur, à balayer le front de l’attaque… Il aurait fallu que j’y laisse moins de forces pour garder de la lucidité, mais encore une fois le schéma était hyper défensif. En dehors de la finale, je n’ai eu absolument aucune occasion. […] Mes seuls regrets de buteur, c’est contre le Brésil. J’ai trois occasions. La première, déjà, il y a penalty normalement, l’autre il m’arrache le maillot. Mais bon, sur les deux autres je peux marquer», a conclu Stéphane Guivarc’h