À 26 ans, Ellie Roebuck signe l’un des retours les plus émouvants du football féminin anglais. Membre des Lionesses championnes d’Europe en 2022, la gardienne retrouve enfin la sélection dirigée par Sarina Wiegman pour les prochaines rencontres face à l’Ukraine et à l’Islande. Une convocation symbolique, plus de deux ans après sa dernière apparition complète sous le maillot de l’Angleterre.
Tout bascule lors de la saison 2023-2024. La gardienne subit un infarctus du lobe occipital, provoqué par une artère obstruée liée à une légère malformation cardiaque. Verdict brutal : six mois d’arrêt total, sans match ni entraînement. Une opération révèle un petit trou dans son cœur, qui se refermera ensuite naturellement. Mais le choc est immense : «C’était assez fou, après la Coupe du monde et après avoir joué pour l’un des meilleurs clubs du pays, recevoir cette nouvelle a été très difficile. On est plongé dans l’inconnu, on ne sait pas à quoi s’attendre. Est-ce que je pourrais rejouer au football ? Est-ce que je ne pourrais plus jamais jouer ?»
Barcelone, le rêve… au mauvais moment
Malgré sa convalescence, la gardienne décide de tenter un nouveau défi en rejoignant le FC Barcelona Femení, récent double vainqueur de la Ligue des champions. Un choix de cœur, mais un contexte psychologique compliqué. «C’était sans fin. Même aujourd’hui, il y a encore des moments où je me dis : « Je ne sais pas si ça en vaut la peine ou non », mais c’est la mentalité que je dois garder pour continuer à aller de l’avant. Il y a eu des semaines difficiles, je ne vais pas mentir. C’était plus un problème mental qu’autre chose, et c’est probablement pour cela que mon transfert à Barcelone ne s’est pas très bien passé, car je n’étais tout simplement pas dans le bon état d’esprit pour jouer dans un club participant à la Ligue des champions. La charge était probablement un peu trop lourde, trop tôt, mais c’était un rêve, alors je voulais tout donner. Il y a certainement eu des moments, même lors de ma première année au Barça, où je ne savais tout simplement pas si je serais capable d’atteindre à nouveau ce niveau.», explique-t-elle.
Aston Villa, le point de renaissance
C’est finalement du côté d’Aston Villa Women que la gardienne retrouve des repères. Enchaînant les titularisations, elle reprend confiance, retrouve des sensations, et surtout… le plaisir de jouer. Au cœur de sa traversée du désert, une obsession positive : revenir en équipe nationale. «C’est la raison pour laquelle je joue au football, pour être honnête. On peut parler de remporter des trophées et des médailles, mais je pense que représenter son pays, avec ce groupe de filles également, j’ai des amies vraiment spéciales ici, depuis le moment où tout cela est arrivé, cela a été ma plus grande priorité. Que cela soit possible ou non, c’est probablement la raison pour laquelle je continue à jouer au football, pour jouer pour mon pays. C’est la chose la plus importante dans ma carrière footballistique. C’est ma priorité absolue», affirme Roebuck.
Apprendre sa convocation chez les Lionesses a été vécu comme une victoire personnelle : «Je ne m’y attendais pas. J’étais aux anges. Je continue de dire que revenir dans ce camp est l’une de mes plus grandes réussites, parmi toutes les médailles et tout le reste, car je sais ce que cela m’a coûté ces deux dernières années et demie et à quel point cela a été éprouvant pour mon entourage. Tout n’est pas rose tous les jours. Je ne veux pas être traitée différemment à cause de tout ce qui s’est passé. C’est une question de performance et je sais que cela en dit long, d’être sélectionnée, car je sais à quel point Sarina est concentrée sur la performance et le fait d’être à la hauteur pour faire partie de l’équipe. Pour moi, c’est probablement le plus grand compliment.», a admis Roebuck.