Ancien chef d’orchestre de la Juventus entre 2016 et 2020, Miralem Pjanic est revenu avec émotion et lucidité sur son passage à Turin dans un entretien accordé à La Gazzetta dello Sport. L’ex-international bosnien, auteur de 22 buts et 36 passes décisives en 178 matchs officiels sous le maillot bianconero, a notamment levé le voile sur son expérience aux côtés de Cristiano Ronaldo, tout en plaidant pour l’arrivée de Bernardo Silva à Turin.
Pjanic n’a pas manqué de souligner l’importance de Massimiliano Allegri dans son évolution, notamment sur coups de pied arrêtés. Le technicien italien, réputé pour son sens tactique et sa gestion millimétrée des matchs, savait anticiper les moindres détails. «Il [Massimiliano Allegri] avait tout prévu. Avant le quart de finale de Ligue des champions contre Barcelone, il m’a pris à part et m’a dit : « Essaie de tirer quelques corners vers Chiello [Giorgio Chiellini]. Demain, on les tirera comme ça. » Et c’est ce qui s’est passé. Il me taquinait aussi sur les coups francs, en me disant que je ne savais pas les tirer», a-t-il déclaré.
Ronaldo, l’exigence absolue
L’arrivée de Cristiano Ronaldo en 2018 a marqué un tournant dans la vie du vestiaire turinois. Pjanic décrit un compétiteur obsessionnel, animé par une volonté constante de progresser. «Max m’a encouragé. Même Cristiano Ronaldo a fini par me laisser tirer les coups francs. À Madrid, Cris était un spécialiste, mais à la Juventus, il a été victime du mur. Alors, après quelques mois, il m’a dit : « Mire, maintenant c’est ton tour. » Quelle équipe ! Les matchs moins importants étaient comme des demi-finales de Ligue des champions», a-t-il ajouté.
Ce geste illustre, selon lui, l’intelligence collective du Portugais, capable de mettre son ego de côté pour le bien du groupe. Pjanic raconte également une anecdote révélatrice : «J’ai grandi à l’Olympique Lyonnais avec Juninho Pernambucano, un véritable phénomène. Et j’ai eu le privilège de jouer avec Totti, Ronaldo et Messi. Leo m’a épaté à Barcelone. On travaillait les coups francs, mais il ne les tirait jamais. Il ne marquait qu’en match. Et quel but ! Cristiano était une machine. Une fois, Allegri nous a laissés sur le banc des remplaçants pour nous reposer. On est rentrés à 2 heures du matin d’un match à l’extérieur, et même là, il nous a fait faire un entraînement à Continassa», a-t-il confié.
«Bernardo changerait la donne»
Toujours attentif à l’actualité de la Juventus, Pjanic estime que le club doit continuer à exploiter les opportunités du marché, notamment les joueurs en fin de contrat, pour bâtir un effectif compétitif en vue de 2026/27. Il salue l’adaptation de Manuel Locatelli sous Luciano Spalletti, mais va plus loin dans ses recommandations : «Pour l’instant, Locatelli s’est très bien adapté au style de jeu de Spalletti. Il doit continuer sur cette lancée. S’il est impossible d’investir sur Tonali, je recruterais Bernardo Silva. C’est le champion dont la Juventus a besoin. Il a la qualité, la personnalité, l’expérience et le charisme. Bernardo changerait la donne», a-t-il assuré. Il convient de rappeler que le contrat de Bernardo Silva avec Manchester City expire en juin prochain, une situation qui a attiré l’attention de plusieurs clubs, dont Barcelone, Al Nassr et même Benfica, où il a effectué sa formation.