La tension monte à quelques jours des élections présidentielles du FC Barcelone. L’actuel président Joan Laporta et son principal rival Victor Font se sont affrontés verbalement lors d’un débat intense organisé par Mundo Deportivo, RAC1 et La Vanguardia. Au cœur de la polémique : le rôle de Deco comme directeur sportif.
À quelques jours du scrutin prévu dimanche prochain, les deux hommes ont multiplié les attaques, exposant publiquement leurs visions opposées pour l’avenir du club catalan. Durant le débat, Victor Font a une nouvelle fois assuré que Deco ne conserverait pas son poste de directeur sportif s’il remportait les élections. L’entrepreneur remet en cause certaines décisions prises par l’ancien international portugais, notamment le recrutement de Vitor Roque.
«Deco, en tant qu’agent, s’est présenté à Alemany et Cruyff, leur proposant Vitor Roque. Ils lui ont répondu qu’il n’y avait aucune marge de manœuvre en raison du fair-play financier. La direction sportive est partie, et la première chose qu’il a faite a été de recruter ce joueur pour 30 millions d’euros», a dénoncé Font. Selon lui, cette opération aurait généré une perte importante pour le club : «Si vous consultez les comptes audités, vous constaterez les pertes liées aux ventes de joueurs, et c’est là qu’intervient Vitor Roque, avec une perte de 30 millions d’euros (…). Nous voulons remplacer une personne par un trident. La direction technique est assurée par Carles Planchart»
Laporta défend farouchement Deco
Face à ces critiques, Joan Laporta a immédiatement pris la défense de son directeur sportif. «Les supporters du Barça sont heureux. Nous sortions d’une situation où le Barça ne gagnait pas et était au bord du gouffre. Maintenant, nous avons une excellente équipe et le club est financièrement solide. J’ai une confiance totale en Alejandro Echevarría. Il veille à la stabilité du vestiaire et entretient d’excellentes relations avec Deco. L’harmonie règne dans le vestiaire. Il a le don de résoudre les problèmes», a assuré le président sortant.
Le président est même allé plus loin, qualifiant Deco d’un des meilleurs dirigeants sportifs du club : «Dire que ces trois personnes en savent plus que Deco est une insulte. Deco est le meilleur directeur sportif de l’histoire, avec Txiki Begiristain. Sans Deco, vous mettez Flick en danger et vous vous lancez dans un projet ambitieux. Vous dites que vous allez continuer avec eux, mais vous mettez les deux en péril.»
Il a également défendu le bilan financier et sportif du Portugais : «La première recrue de Deco a été Raphinha. C’est encore un mensonge. Vitor Roque a coûté 30 millions d’euros et a été vendu pour 25,5 millions. Nous avons conservé des bonus et 20 % sur une future revente. Arrêtez de mentir… Deco a prolongé les contrats de tous les jeunes joueurs de l’effectif, ainsi que ceux de De Jong et de Raphinha. Les résultats financiers de Deco sont positifs et les performances de l’équipe sont excellentes»
Un échange de piques très personnel
Le débat a ensuite pris un ton encore plus virulent lorsque Laporta a demandé à son rival quelles étaient ses propositions concrètes. Victor Font a alors lancé une pique devenue virale : «Pendant que vous mangiez des pâtes et coupiez du jambon, moi je présentais des propositions.» Une remarque qui a immédiatement provoqué la réaction du président sortant : «Vous critiquez tout. Il y a des supporters du Barça qui mangent des pâtes et qui ont besoin de tracteurs. À Mercabarna, il y a des supporters barcelonais. Ce n’est pas votre domaine. Vous, vous vous contentez de rester assis derrière un ordinateur à copier… Vous êtes un danger pour le projet sportif.»
Font n’a pas tardé à répondre avec une attaque directe : «Vous n’avez pas le monopole de Barcelone. Même ceux d’entre nous qui ne vous apprécient pas portent Barcelone dans leur cœur. Je ne porte pas Barcelone dans mon portefeuille. Toutes ces années de lutte, à essayer de changer Barcelone, je le fais parce que je crois en cette cause, malgré les attaques et la criminalisation. Je continuerai à me battre pour que Barcelone appartienne à son peuple et ne reste pas entre les mains de ceux qui pensent qu’il y a des bons et des méchants»