Pendant plus d’une décennie, Lionel Messi n’a pas seulement été le leader technique du FC Barcelona. L’Argentin incarnait également une autorité morale et sportive dans le vestiaire catalan. Son influence dépassait largement le terrain : ses avis comptaient, ses paroles pesaient, et certaines recrues comprenaient très vite qu’intégrer le Barça signifiait aussi reconnaître la place unique de la Pulga dans l’histoire et le fonctionnement du club.
L’ancien international ghanéen Kevin-Prince Boateng, qui a porté le maillot du Barça pendant six mois en 2019, a raconté une anecdote de cette atmosphère. Lors de sa signature, le message reçu était clair : impossible d’ignorer la hiérarchie : «En signant à Barcelone, ils m’ont dit : «ton équipe préférée est Barcelone et le meilleur joueur du monde est Lionel Messi». Ils m’ont dit que sinon je ne pouvais pas jouer ici, impossible. Et je sais que c’est arrivé à d’autres joueurs également. J’étais assis et la première question que j’ai eu : «Qui est le meilleur joueur du monde», j’ai répondu Lionel Messi».
Deux ans plus tôt, lors d’un match amical Argentine–Brésil, Messi avait directement démarché Paulinho sur le terrain pour l’inciter à venir à Barcelone : «Messi s’est approché de moi. Nous disputions un match amical contre l’Argentine en Australie. L’arbitre venait de siffler une faute en notre faveur, et je me trouvais à côté du ballon avec Willian. Soudain, Leo s’est approché de moi, m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit : «Alors… on va à Barcelone ou pas ?» Juste comme ça. Sans explication, sans rien. Il m’a tourné le dos et s’est éloigné. Je n’ai même pas eu le temps de réfléchir. J’ai juste répondu : «Si tu veux m’emmener, je viens !»».
Pour Paulinho, l’expérience fut stupéfiante et unique : «À l’époque, je jouais dans le championnat chinois avec Guangzhou Evergrande, et personne n’aurait cru que Barcelone s’intéresserait à moi. Je pensais que Messi plaisantait, qu’il essayait de me déconcentrer pour me faire perdre mon sang-froid pendant le match. Mais comme c’était un match amical, j’ai commencé à avoir des doutes. Après le match, j’ai appelé mon agent et je lui ai dit : «Patron, pour l’amour de Dieu, je deviens fou ! Dis-moi si c’est vrai ou pas !» J’étais tellement désespéré que j’ai même envisagé d’envoyer un SMS à Neymar pour lui demander s’il était au courant. Un mois plus tard, mon agent m’a appelé et m’a dit : «L’affaire est conclue. Tu dois venir à Barcelone pour signer les papiers».