À 51 ans, Zé Roberto se confie avec franchise dans une interview exclusive accordée à Globo Esporte. L’ancien milieu de terrain brésilien, icône du Bayern Munich et ancien cadre de la Brazil national football team, est revenu sur les moments forts de sa carrière, mais aussi sur ses échecs et plusieurs anecdotes surprenantes. Aujourd’hui reconverti en mentor pour jeunes joueurs et influenceur fitness, il partage régulièrement ses conseils avec plus de trois millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, impressionnant toujours par son physique remarquable.
Après ses débuts dans les équipes de jeunes du Associação Portuguesa de Desportos, Zé Roberto rejoint en 1997 le prestigieux Real Madrid. Mais l’aventure espagnole ne se déroule pas comme prévu. Très jeune, le Brésilien se retrouve plongé dans un univers radicalement différent. «Je suis arrivé dans l’un des plus grands clubs du monde sans être préparé mentalement ni tactiquement. Sur le parking, il n’y avait que des voitures de luxe. Dans les vestiaires, tout le monde était en costume-cravate. Je portais des vêtements simples. Roberto Carlos a plaisanté en disant qu’ils pensaient que j’étais là pour repeindre les vestiaires. Sur le terrain, l’intensité était tout autre. Je n’arrivais pas à suivre le rythme. Je ne parlais ni anglais ni espagnol. Je n’avais personne pour me guider. Ça a été un choc», se souvient-il.
Jeux vidéo, nuits blanches et perte de forme
Zé Roberto admet également que ses propres habitudes de vie ont contribué à cet échec. À seulement 21 ans, tout juste marié, il se laisse distraire par les plaisirs de la vie et une passion soudaine pour les jeux vidéo. «J’étais jeune, je venais de me marier, j’ai acheté une PlayStation et j’ai commencé à jouer jusqu’à l’aube, à mal manger, à peu dormir. Les jeux vidéo m’ont bouleversé parce que j’étais un gamin : j’avais 21 ans. Ma femme aussi était très jeune, elle avait 18 ou 19 ans.», raconte-t-il.
L’ancien milieu décrit avec humour mais lucidité cette période où son quotidien échappait peu à peu à tout contrôle. «L’un de mes rêves, outre devenir joueur professionnel et m’acheter une voiture, était d’avoir une PlayStation. Je l’ai achetée, mais le jeu me causait beaucoup de stress. Je voulais terminer le jeu «Crash Bandicoot», mais je n’y arrivais pas. C’est quelque chose qui m’a fait perdre ma concentration et mon attention.»
Les conséquences ne tardent pas à apparaître.
Entre nuits blanches devant la console et vie de jeune marié, son rythme de vie devient rapidement incompatible avec celui d’un sportif de haut niveau. «Je venais de me marier, j’étais comme un coq. Je passais mes journées avec ma copine, je faisais l’amour toute la journée et, la nuit, je jouais aux jeux vidéo. Puis j’avais faim au milieu de la nuit. Je mangeais plein de biscuits. Je lui disais : «Apporte-moi un biscuit». J’en mangeais un, puis je finissais toute la boîte. Ensuite, je mangeais des snacks, je buvais des sodas… J’ai commencé à prendre du poids sans m’en rendre compte.»
«J’ai perdu toutes mes performances : j’arrivais à la salle de sport pour m’entraîner avec des cernes sous les yeux. C’est la seule fois où je me suis éloigné de ma forme physique idéale», reconnaît-il. Avec le recul, Zé Roberto estime que les distractions ont simplement changé pour les jeunes joueurs d’aujourd’hui. «Aujourd’hui, les distractions sont différentes : les réseaux sociaux, l’exposition médiatique. Si l’athlète manque de concentration, il finit par s’égarer», analyse-t-il.
Le rebond grâce au Flamengo et à l’Allemagne
Après cet épisode difficile, Zé Roberto décide de revenir au Brésil pour se reconstruire. Un prêt au CR Flamengo en 1998 lui permet de faire le point sur sa carrière et de corriger ses erreurs. «J’ai compris que la plupart des gens qui n’avaient pas de famille sur laquelle s’appuyer finissaient par échouer et par rentrer chez eux. J’ai échoué, je suis rentré chez moi, puis je suis reparti en Europe parce qu’avant, je n’étais pas prêt», explique-t-il.
Ce passage au Brésil s’avère décisif. Quelques mois plus tard, il retourne en Europe avec une mentalité différente et rejoint le Bayer 04 Leverkusen, avant de connaître la consécration sous les couleurs du Bayern Munich. «Quand je suis revenu au Brésil en 1998, prêté au Flamengo, et que j’y suis resté six mois, c’est là que j’ai pu analyser les nombreux aspects que je devais changer pour retourner en Allemagne et y rester longtemps», conclut-il.