Icône du Bayern Munich et ancien international brésilien admiré pour sa longévité exceptionnelle, Zé Roberto a récemment levé le voile sur l’un des épisodes les plus compliqués de sa carrière. Dans une longue interview accordée à Globo Esporte, l’ancien milieu de terrain est revenu avec une grande sincérité sur son passage difficile au Real Madrid à la fin des années 1990.
Arrivé très jeune dans la capitale espagnole, Zé Roberto reconnaît aujourd’hui qu’il n’était pas prêt à affronter la pression et les exigences d’un club de cette dimension. Entre choc culturel, adaptation compliquée et distractions inattendues, l’aventure madrilène s’est transformée en véritable leçon de vie.
Un choc brutal en arrivant à Madrid
Lorsque le Brésilien débarque au Real Madrid à seulement 21 ans, il découvre un environnement radicalement différent de celui qu’il connaissait au Brésil. Très vite, il comprend qu’il va devoir s’adapter à un niveau d’exigence inédit. «Mon arrivée au Real Madrid a été très difficile. Je suis arrivé dans l’un des plus grands clubs du monde sans être préparé psychologiquement ni tactiquement», a-t-il expliqué.
Le contraste l’a particulièrement marqué dès ses premiers jours au club. «Sur le parking, il n’y avait que de grosses voitures. Dans les vestiaires, tous les joueurs étaient en costume. J’y suis allé en tenue décontractée. Roberto Carlos a plaisanté en disant qu’ils allaient croire que j’étais venu repeindre les vestiaires.», a-t-il raconté avec humour. Mais au-delà de l’anecdote, le choc fut surtout sportif. L’intensité du football européen et les barrières linguistiques ont rapidement compliqué son adaptation. «Sur le terrain, l’intensité était différente. Je n’arrivais pas à suivre. Je ne parlais ni anglais ni espagnol. Je n’avais aucun repère. Ce fut un choc. C’est pourquoi j’ai échoué et que je suis rentré», a-t-il reconnu.
Quand la PlayStation devient une distraction
L’ancien joueur a également admis que certains aspects de sa vie personnelle ont pesé sur ses performances. À l’époque, jeune marié et encore en pleine découverte de la vie en Europe, Zé Roberto s’est laissé distraire par des plaisirs simples… mais envahissants. «Les jeux vidéo m’ont vraiment perturbé. J’avais 21 ans, je venais de me marier. Ma femme était très jeune aussi, 18 ou 19 ans. Un de mes rêves, outre devenir joueur professionnel et m’acheter une voiture, était d’avoir une PlayStation. Et on en a acheté une.», a-t-il confié.
Une fois la console achetée, le quotidien du jeune Brésilien s’est rapidement déséquilibré. «Jeune marié, j’étais comme un coq. Je passais mes journées à faire l’amour et mes soirées à jouer aux jeux vidéo. J’ai perdu toute ma performance. J’arrivais à l’entraînement avec des cernes sous les yeux. Imaginez ce que c’est pour un joueur de passer ses journées à faire l’amour et ses soirées à jouer aux jeux vidéo», a-t-il raconté sans détour.
Cette période s’est traduite par une baisse de régime évidente. «J’ai perdu en performance, j’ai pris du poids. C’était la seule période où je n’étais pas au sommet de ma forme physique», a-t-il reconnu. Avec le recul, Zé Roberto estime que les distractions ont simplement changé de forme aujourd’hui. «Aujourd’hui, les distractions sont différentes : les réseaux sociaux, la pression médiatique. Si l’athlète n’est pas concentré, il finit par se laisser distancer», a-t-il analysé.
Une déception avec la sélection brésilienne
Au cours de l’entretien, Zé Roberto est également revenu sur une autre grande frustration de sa carrière : son absence lors de la Coupe du monde 2002 avec la Brazil national football team, remportée par la Seleção. «À mon apogée, je n’ai pas été sélectionné pour la Coupe du monde 2002. Étais-je déçu ? Bien sûr, je n’ai même pas regardé la compétition.», a-t-il avoué.
La déception fut immense, mais elle lui a aussi servi de motivation. «J’ai été très affecté par ce moment, mais je devais revenir car j’avais quatre ans pour retrouver ma place. Et je l’ai cherchée. Ce qui est très difficile, si on y regarde de plus près, c’est pour un joueur qui n’a pas fait partie d’une équipe nationale championne, de redevenir titulaire quatre ans plus tard, lors d’une autre Coupe du monde», a-t-il expliqué.
Une carrière finalement brillante
Malgré cet épisode difficile à Madrid, Zé Roberto a réussi à relancer sa carrière et à construire un parcours remarquable en Europe et au Brésil. Durant son passage au Real Madrid entre 1997 et 1998, il a disputé 24 matchs et remporté plusieurs titres, dont la Liga, la Supercoupe d’Europe et la Ligue des champions. Par la suite, il s’est illustré dans plusieurs clubs prestigieux, notamment au Bayer Leverkusen, au Bayern Munich, ainsi qu’au Flamengo, à Palmeiras, à Santos FC et au Grêmio.
Avec le recul, l’ancien joueur estime que la clé de la réussite réside souvent dans la stabilité personnelle et le soutien familial. «Durant mes quatorze années en Europe, j’ai constaté que la plupart des joueurs qui n’avaient pas de soutien familial finissaient par échouer et repartir. J’ai échoué, je suis revenu, puis je suis reparti car je n’étais pas préparé. Lorsque je suis retourné au Brésil en 1998, prêté à Flamengo, et que j’y suis resté six mois, j’ai pu analyser de nombreux points que je devais modifier pour réussir à nouveau et à m’y maintenir durablement», a-t-il conclu.