Plusieurs années après son passage mouvementé sur le banc du Paris Saint-Germain, Mauricio Pochettino est revenu avec franchise sur les coulisses de son départ. Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’actuel sélectionneur des États-Unis n’a éludé aucun détail, notamment le moment précis où il a compris que son aventure parisienne touchait à sa fin.
Nommé en janvier 2021 pour succéder à Thomas Tuchel, finaliste de la Ligue des champions quelques mois plus tôt, Pochettino a hérité d’une situation délicate. Entre pandémie de COVID-19, blessures en cascade et un effectif en manque de repères, le technicien argentin a dû composer avec des conditions loin d’être idéales.
Malgré cela, il parvient à relancer la machine parisienne sur la scène européenne. Son équipe élimine successivement le FC Barcelone et le Bayern Munich, avant de tomber en demi-finale face à Manchester City. Un parcours honorable, d’autant plus que Kylian Mbappé était absent lors du match retour décisif.
«Paris est un bon souvenir. Peut-être que les gens l’oublient mais, quand on remet les choses en perspective, nous sommes arrivés en janvier avec le COVID, avec plusieurs joueurs blessés, une équipe troisième de la L1 : la situation ne répondait pas aux normes d’un staff technique qui débarque. Pourtant, on a éliminé Barcelone (4-1 à l’aller, 1-1 au retour), le Bayern Munich (3-2 puis 0-1) et atteint les demi-finales de la C1 contre Manchester City sans Mbappé au retour (1-2, 0-2). L’équipe a été transformée l’été suivant et nous avons bien joué ensuite», a insisté Mauricio Pochettino.
Mais c’est lors de la saison suivante que tout bascule. Opposé au Real Madrid en huitièmes de finale, le PSG semble maîtriser son sujet… jusqu’à l’effondrement du match retour au Santiago Bernabéu. Une soirée marquée notamment par l’intervention décisive de Karim Benzema et une erreur fatale de Gianluigi Donnarumma. Pochettino, lui, n’a toujours pas digéré certains faits de jeu : «Il nous a juste manqué un petit coup de pouce du destin au Bernabeu en huitièmes retour (1-3). Au Parc, à l’aller, on avait battu le Real Madrid (1-0). Au retour, on a mené au score jusqu’à la 61e minute et cette faute de Benzema sur Donnarumma. Donc vous dites que l’approche du manager est vraiment mauvaise, c’est ça ? Son approche pendant quatre-vingt-dix minutes au Parc, contre les futurs champions, était mauvaise ? À Madrid, on mène 1-0 et un second but est refusé à Mbappé pour un hors-jeu limite. L’équipe jouait bien avant cette erreur arbitrale. Puis on recule et on perd.»
«Au coup de sifflet final, je savais»
C’est précisément à cet instant que l’ancien coach de Chelsea FC a compris que son sort était scellé. «Je savais qu’au coup de sifflet final de ce huitième de finale, mon temps à Paris était fini», a-t-il ajouté. «Je le savais parce qu’à Paris, l’objectif est de gagner la Ligue des champions. Pas la Ligue 1 ou la Coupe de France. Vous conviendrez aussi que le club se trouvait dans une situation politique complexe à cette époque. Et quand je dis ça, je parle politique sportive. Les supporters n’étaient pas contents, il y avait des manifestations, il y avait… Il y avait un manque de stabilité pour atteindre des objectifs importants comme remporter la Ligue des champions. Mais aujourd’hui, je suis content de constater qu’il a cette stabilité sportive qui permet une connexion entre toutes les composantes du club.»