Antonio Rüdiger, défenseur central du Real Madrid et international allemand, n’a jamais été un joueur facile à cerner. Souvent qualifié de «boucher» sur les terrains, l’ancien joueur de Chelsea et de la Roma a récemment pris la parole pour défendre son style de jeu dans les colonnes du Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Pour Rüdiger, cette réputation est à nuancer : «Être autant critiqué en tant que personnalité internationale donne à réfléchir. Si la critique est formulée avec sérieux et objectivité, je la prends évidemment au sérieux, car je sais moi-même avoir commis des actes qui ont clairement dépassé les bornes», a-t-il déclaré, assumant ses excès passés tout en rappelant son exigence personnelle.
Le défenseur de 33 ans insiste sur le fait que son intensité est indissociable de son rôle sur le terrain : «Cela m’incite également à être encore plus concentré. Je ne veux pas être une source de problèmes, mais plutôt contribuer à la stabilité et à la sécurité. Ce débat me rappelle que j’ai une responsabilité et que, parfois, je ne l’ai pas assumée (…) Être un défenseur intraitable, c’est dans mes gènes. Si tu veux exceller en un contre un à ce niveau, tu ne peux pas te contenter d’être un gentil second rôle. Tu dois dire à l’attaquant : ‘Aujourd’hui, ça va être une mauvaise journée pour toi.’ C’est une question de mentalité.»
Pour Rüdiger, réduire cette intensité serait se trahir : «Si je perds cette intensité, cet engagement, ce jeu à la limite, je ne suis plus que la moitié de mon niveau. C’est précisément cette tension qui m’a permis d’intégrer le Real Madrid. À Madrid, on la valorise et on la célèbre. Sans elle, je ne serais pas là, je n’aurais pas remporté deux fois la Ligue des champions, et je n’aurais pas disputé autant de matchs avec mon pays»
Il rappelle également que son agressivité sur le terrain ne met jamais en danger ses équipes : «C’est là le point que beaucoup ne comprennent pas : je joue avec intensité, mais je ne représente absolument aucun danger pour mes équipes. Je sais parfaitement quelle minute il est et ce qui est en jeu. Neuf ans sans carton rouge sur le terrain, ce n’est pas un hasard ; le dernier remonte à 2017, toujours avec la Roma. Même mon nombre de cartons jaunes est bien inférieur à ce que beaucoup pensent. Ces dernières années, j’en ai reçu en moyenne cinq par saison de championnat.»
Enfin, Rüdiger détaille sa méthodologie face aux attaquants : «Un attaquant a besoin d’espace, il veut être tranquille avec le ballon. Mon rôle est de le priver de ces deux choses, même quand le ballon est loin de lui. Un petit contact par-ci, un marquage serré par-là… il faut être présent. On apprend le juste équilibre avec l’expérience (…) Face à un attaquant petit et rapide, la défense est différente de celle contre un joueur d’1,90 mètre. Et bien sûr, si un adversaire s’énerve vite, j’en profite. J’analyse les joueurs en profondeur à l’avance – parfois même en préparant mes propres analyses vidéo – et je sais dès le début à qui adresser un message physique.»