À 37 ans, Angel Di Maria est de retour à Rosario Central, son club formateur, et prend le temps de regarder en arrière sur une carrière européenne exceptionnelle. Dans une interview vérité accordée au quotidien espagnol AS, l’ailier argentin revient sur ses années à Benfica, Real Madrid et Manchester United, sans langue de bois.
Arrivé très jeune à Lisbonne en 2007, Di Maria considère le club portugais comme le véritable point de départ de sa carrière au très haut niveau : «J’ai vécu au jour le jour jusqu’à ce que, lors de ma troisième année au Portugal, j’atteigne un niveau exceptionnel et que les offres des grands clubs européens commencent à affluer. Quand le Real Madrid s’est manifesté, il était évident que je ne pouvais pas refuser. C’est le plus grand club du monde, et c’était un privilège de pouvoir y aller. C’était un défi magnifique, car j’ai atteint le plus haut niveau qu’un joueur puisse atteindre en club»
Au Real Madrid, Di Maria a été profondément marqué par son passage sous José Mourinho : «Mou est le numéro un, de loin, en tant que personne et en tant qu’entraîneur, pour tout ce qu’il apporte au joueur, à l’équipe et au club. Il m’a tout donné et je lui en serai toujours reconnaissant. Il m’a soutenu pour que je puisse rejoindre le Real Madrid après une Coupe du monde 2010 décevante sur le plan individuel, et il m’a épaulé pour que je puisse être à ses côtés.»
Manchester United : un départ mal compris
L’été 2014, Di Maria quitte le Real pour Manchester United pour environ 75 millions d’euros. Il balaie les rumeurs financières : «Je ne voulais pas partir. Ils disaient que je voulais gagner autant que Cristiano [Ronaldo], mais c’est faux. Comment aurais-je pu espérer gagner autant que quelqu’un qui a remporté plusieurs Ballons d’Or ? J’étais très heureux, j’avais gagné la Ligue des champions, et [Carlo] Ancelotti ne voulait pas non plus que je parte, mais James [Rodriguez] était arrivé, et c’est moi qui étais sur le marché des transferts. J’ai essayé de rester jusqu’au dernier jour. Je comptais continuer à m’entraîner. J’ai joué le match aller de la Supercoupe contre l’Atlético de Madrid, et pour le match retour, ils ne m’ont même pas appelé car ils avaient déjà trouvé un accord avec Manchester United, ce que j’ignorais. J’ai donc dû regarder l’Atlético de Madrid remporter le titre depuis chez moi. Ma famille et moi étions très heureux, mais parfois, ce genre de choses arrive.»
Enfin, Di Maria partage son analyse des deux monstres sacrés qu’il a côtoyés : «Cris travaille dur, fait tous les efforts possibles pour être numéro 1. Mais Messi boit du maté dans les vestiaires après les matchs. Il a un don que Dieu lui a donné pour être le meilleur. En termes de professionnalisme, Cris est de loin le numéro 1. Son éthique de travail, son souci de lui-même, ses efforts constants pour être le meilleur, en compétition avec Leo, étaient très louables, mais cela a coïncidé avec l’ère Messi, ce qui a rendu son objectif beaucoup plus difficile»