À quelques jours d’un scrutin décisif pour l’avenir du club, la tension est montée d’un cran au sein du FC Barcelona. Lors du dernier débat organisé par TV3 et Catalunya Ràdio avant l’élection présidentielle, Joan Laporta et Victor Font se sont livrés à un échange particulièrement virulent. Au centre de cette confrontation : l’avenir du directeur sportif Deco, devenu un symbole du conflit entre les deux visions pour le club catalan.
Face aux critiques répétées de son adversaire, le président sortant Joan Laporta a défendu avec fermeté l’actuel directeur sportif du Barça. Pour lui, la stabilité sportive du club repose sur le duo formé par Deco et l’entraîneur Hansi Flick. «Notre projet sportif repose sur Flick et Deco. Font présente un triumvirat. Limoger Deco revient à licencier Flick. Les élections servent à présenter des projets, et ce monsieur qui vous accompagne [Jaume Guardiola], enterré à Banc de Sabadell, a déclaré que Flick devrait honorer son contrat par la force», a-t-il lancé devant les caméras.
Laporta a également accusé son rival de mener une campagne fondée sur la critique plutôt que sur un projet solide. Selon lui, l’actuelle direction sportive fonctionne et a permis de bâtir une équipe prometteuse pour l’avenir. «Il s’est consacré à critiquer un projet qui fonctionne. Il y a Deco au bureau et Flick sur le banc. Leurs échanges sont constructifs. L’équipe actuelle, on la doit à Deco. Vous ne vouliez pas qu’on recrute Olmo. On a un entraîneur professionnel. L’équipe est prometteuse pour les Culés, on a une formule qui marche», a-t-il ajouté, en référence à Dani Olmo.
Victor Font annonce clairement la fin de Deco
De son côté, Victor Font n’a pas adouci son discours. L’homme d’affaires a déclaré sans ambiguïté que, s’il remportait l’élection, Deco ne ferait plus partie de l’organigramme du club. Font a toutefois reconnu l’importance de l’ancien milieu portugais dans l’histoire récente du Barça. «C’est une légende du club. Son principal atout en rejoignant le club était son amitié et son partenariat avec [Alejandro] Echevarría, un homme aux convictions franquistes. Il n’avait jamais occupé de poste de directeur sportif. Il s’est rebellé contre le fils de Johan Cruyff et Mateu Alemany, lui aussi un grand professionnel», a-t-il affirmé, rappelant le passage du joueur au club entre 2004 et 2008, période durant laquelle il a remporté notamment la Ligue des champions.
Dans sa critique, Font a également minimisé l’impact de Deco sur la construction de l’effectif actuel. Selon lui, une grande partie de l’équipe était déjà en place avant son arrivée. «L’ami de mon ex-beau-frère s’est porté volontaire et s’est rebellé contre eux. 80 % de l’équipe est héritée. Lamine [Yamal], [Pau] Cubarsí ou [Marc] Bernal étaient déjà là à votre arrivée. Deco a fait trois recrues : Vítor Roque, le joueur qui a engendré le plus de pertes financières, Dani Olmo et Joan Garcia. Xavi [Hernández] et [Ronald] Koeman étaient des opportunités», a-t-il ajouté. Font a aussi tenu à corriger une rumeur circulant autour de la campagne électorale. «On m’a accusé d’avoir dit que Deco avait plongé la main dans la caisse, et c’est un mensonge», a-t-il insisté.
Laporta contre-attaque et défend Deco
Les attaques de Font ont provoqué une réaction immédiate de Joan Laporta, qui a fermement défendu l’ancien international portugais.
Le président sortant a rappelé que Deco avait joué un rôle clé dans certaines opérations, notamment le transfert de Raphinha vers Barcelone. «C’était un agent et il devait faire son travail. Il a renoncé à sa commission pour Raphinha afin qu’il puisse venir à Barcelone. Mateu nous a dit qu’il avait une offre d’Aston Villa et qu’il était parti.», a-t-il souligné.
Laporta est même allé plus loin en comparant Deco à l’ancien directeur sportif du club. «Deco est bien meilleur que Mateu. Mateu connaît peut-être le football aussi bien que moi, mais Deco parle le même langage que l’entraîneur, et c’est un atout précieux. Tout ne s’hérite pas. Nous avons l’effectif le plus précieux au monde, et c’est grâce à Deco. Il faut savoir choisir les joueurs pour l’équipe première. Echevarría est un homme de confiance», a-t-il affirmé. «Avec lui, l’harmonie règne dans le vestiaire, et il entretient une excellente relation avec Deco. Il sait apaiser les conflits. Votre trio d’attaque est composé d’un ancien analyste de l’équipe adverse, et le mérite d'[Albert] Puig est d’avoir écrit un livre relatant ses exploits…», a-t-il conclu.