Lorsqu’il débarque au FC Barcelone à l’été 2007, Thierry Henry n’est pas n’importe qui. Champion du monde, meilleur buteur de l’histoire d’Arsenal, idole des Gunners, finaliste de la Ligue des champions un an plus tôt… Pourtant, dans le vestiaire catalan, son statut ne pèse pas bien lourd face à des joueurs comme Xavi, Iniesta, Eto’o ou un certain Lionel Messi.
«T’as jamais rien gagné ici»
Invité du podcast Stick to Football, Henry est revenu sur un moment précis, brutal mais fondateur : sa confrontation verbale avec Xavi, peu après son arrivée au Barça.
«Quand je suis arrivé à Barcelone, j’étais frustré. J’étais le petit nouveau, donc c’est plus facile de te tomber dessus que sur celui qui a déjà gagné. Je comprends, mais ça te travaille. Je me rappelle, j’étais avec Samuel Eto’o. On montait les escaliers du Camp Nou, je regarde la devise Més que un club, et je dis à Samuel: ‘Més que un club ? Allez, sérieux…’. Ce qu’il ne savait pas, c’est que Xavi était juste derrière lui. Et la réponse ne s’est pas fait attendre. Il me lance: ‘Qu’est-ce que t’as dit ? Ne parle pas de mon club comme ça. T’as jamais rien gagné ici. Tais-toi, bosse, et si un jour tu gagnes quelque chose, là tu pourras parler.’», a-t-il avoué.
«Xavi m’a transmis quelque chose ce jour-là»
«Sur le moment, je l’ai regardé. Il avait raison. Je ne savais pas ce que représentait ce club. Maintenant je sais — parce que j’ai perdu ici, j’ai gagné ici, j’ai compris ce que ça voulait dire. C’est pour ça que ce club est ce qu’il est. Xavi m’a transmis quelque chose ce jour-là. Et pour une fois, j’ai rien répondu. C’est pas mon genre de ne pas avoir le dernier mot, mais là, j’ai juste dit: désolé.», a-t-il poursuivi.
«Tous ceux qui sont passés par La Masia, tous ceux qui ont gagné avec le Barça, ils t’en parlent, ils te transmettent ça. Parce qu’ils y croient, parce qu’ils ont un devoir, une manière de jouer — t’aimes ou t’aimes pas, mais ils en sont fiers.», a-t-il ajouté.