L’aventure d’Erik ten Hag au Bayer Leverkusen aura été courte et tumultueuse. Après seulement deux mois à la tête de l’équipe allemande, le Néerlandais a été informé de son licenciement ce lundi matin, à 10 h, par le directeur sportif Simon Rolfes et le PDG Fernando Carro, sur la BayArena. Une décision qui a surpris et blessé l’ancien entraîneur, malgré quelques signes de tension au sein du club depuis son arrivée.
Une direction désabusée
«Cette décision n’a pas été facile à prendre pour nous. Personne n’a souhaité en arriver là. Cependant, les dernières semaines ont montré qu’il n’était pas possible de construire une nouvelle équipe avec succès dans cette configuration», a expliqué Simon Rolfes.
La direction a pointé du doigt un manque de clarté tactique et de vision sur le terrain : «Il était essentiel d’avoir une sorte de feuille de route, et cela nous a manqué», a-t-il ajouté, reconnaissant ouvertement une erreur de casting en choisissant Ten Hag comme successeur de Xabi Alonso.
Le président Fernando Carro a également souligné la nécessité de cette décision : «Une séparation à ce stade précoce de la saison est douloureuse, mais elle était nécessaire de notre point de vue. Notre ambition reste de réaliser les objectifs fixés pour la saison – et cela nécessite les meilleures conditions possibles, à tous les niveaux.»
Le recrutement surprise de Lucas Vázquez : le point de rupture
L’un des épisodes qui a précipité la rupture fut le recrutement de Lucas Vazquez, ancien joueur du Real Madrid. Selon Bild, «l’opération a été menée à l’insu de Ten Hag. Le 26 août, le contrat était signé et la visite médicale achevée lorsque l’entraîneur rencontrait pour la première fois son nouveau joueur. Au sein du club, on comprenait que la confiance était rompue : un entraîneur écarté des décisions stratégiques ne pouvait plus diriger sereinement. Six jours plus tard, le licenciement était officialisé, sans protocole ni remerciement, marquant la fin d’un «mariage» jamais consommé.»
Un coût colossal pour Leverkusen
Le licenciement de Ten Hag représente un coût financier considérable. Sous contrat jusqu’en 2027, l’entraîneur recevra environ cinq millions d’euros d’indemnités de départ, en plus du salaire perçu pendant ses deux mois de travail.
Au total, le club a dépensé près de six millions d’euros pour 60 jours de collaboration, soit environ 100 000 euros par jour. Marco Rose, ancien coach du RB Leipzig, est pressenti pour lui succéder.
Ten Hag : surpris et amer
Dans un communiqué, Ten Hag a exprimé sa surprise et son amertume : «La décision du Bayer Leverkusen ce matin de me mettre en congé a été une totale surprise. Se séparer d’un entraîneur après seulement deux matchs de championnat est sans précédent. Cet été, de nombreux joueurs clés, ayant contribué aux succès passés, ont quitté l’équipe.»
Il a pointé le manque de confiance mutuelle : «Construire une nouvelle équipe cohésive est un processus minutieux qui nécessite à la fois temps et confiance. Un nouvel entraîneur mérite l’espace pour mettre en œuvre sa vision, fixer les standards, façonner l’effectif et imprimer son style de jeu. J’ai commencé ce poste avec toute ma conviction et mon énergie, mais malheureusement la direction n’était pas disposée à me donner le temps et la confiance dont j’avais besoin, ce que je regrette profondément. Je sens que cette relation n’a jamais été basée sur une confiance mutuelle. Tout au long de ma carrière, chaque saison que j’ai pu mener jusqu’au bout en tant qu’entraîneur a été synonyme de succès. Les clubs qui m’ont fait confiance ont été récompensés par des succès et des trophées»
Ten Hag a conclu sur une note plus positive : «Je tiens à remercier les supporters du Bayer Leverkusen pour leur chaleur et leur passion, et je souhaite à l’équipe et au staff plein de succès pour le reste de la saison.»