Le 9 juillet 2006 devait être une apothéose. Il restera à jamais comme une blessure. Pour sa dernière apparition sur un terrain de football professionnel, Zinedine Zidane a quitté la scène mondiale par la petite porte, expulsé en finale de la Coupe du monde face à l’Italie après un violent coup de tête asséné à Marco Materazzi. Une image figée dans l’histoire du sport, en total contraste avec la grandeur du joueur et du capitaine qu’il avait été tout au long du tournoi.
Seize ans plus tard, en 2022, Zidane est revenu longuement sur cet épisode douloureux dans un entretien accordé à L’Équipe. Un témoignage rare, lucide, chargé d’émotion, dans lequel l’ancien numéro 10 des Bleus livre sa vérité, sans chercher à fuir ses responsabilités.
À Berlin, la pression est immense. Dernier match d’une carrière exceptionnelle, enjeu planétaire, responsabilité de capitaine. Mais derrière l’icône, l’homme est fragilisé. Zidane explique que cette journée n’était pas anodine sur le plan personnel.
«Ce jour-là, ma maman est très fatiguée. J’ai plusieurs fois ma sœur au téléphone dans la journée. Je sais que ma maman n’est pas bien mais ce n’est pas très grave non plus. Ça m’interpelle néanmoins. Je reste quand même concentré. Mais ce sont des choses qui se bousculent. La pression, ceci, cela. Lui (Materazzi), il ne me parle pas de ma mère. Il a souvent dit qu’il n’avait pas insulté ma mère. C’est vrai. Mais il a insulté ma sœur, qui était auprès de ma maman à ce moment-là. Sur un terrain, il y a déjà eu des insultes. Tout le monde se parle, parfois mal, mais tu ne fais rien. Là, ce jour-là, il s’est passé ce qu’il s’est passé. Il a déclenché quelque chose en parlant de ma sœur Lila. L’espace d’une seconde, et c’est parti…», confie-t-il.
Le regret, sans excuse
Avec le recul, Zinedine Zidane ne cherche ni justification excessive, ni réécriture de l’histoire. Il reconnaît la faute, sans détour. «Mais après, il faut accepter. Je ne suis pas fier mais ça fait partie de mon parcours. À ce moment-là, j’étais plus fragile. C’est parfois dans ces moments que tu peux faire quelque chose qui n’est pas bien…», admet-il.