La riposte est lancée. Moins de 48 heures après la décision explosive de la Confédération africaine de football de retirer le titre au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, la Fédération sénégalaise de football a pris la parole ce jeudi lors d’une conférence de presse sous haute tension. Objectif : contester frontalement une décision jugée incompréhensible et annoncer une bataille juridique de grande ampleur.
Le président de la FSF, Abdoulaye Fall, a pris la parole pour réaffirmer la légitimité des Lions de la Teranga : «Rejet de la décision de la CAF. Rejet de la décision inique du jury d’appel de la CAF. La FSF réaffirme sans équivoque que l’équipe du Sénégal est l’unique vainqueur de la CAN après la finale acquise sur le terrain», a-t-il déclaré.
Une préparation de finale chaotique
Abdoulaye Fall n’a pas mâché ses mots, évoquant les nombreux obstacles rencontrés par la sélection avant la finale du 18 janvier à Rabat. «On a été très administratifs et on a tout anticipé après notre qualification pour la finale de la CAN. On a eu des premiers soucis sur notre hébergement. À notre grande surprise, l’hôtel n’était pas homologué et ce n’était pas un standing digne de la sélection. Il a fallu des protestations officielles pour avoir un autre hôtel.», a-t-il expliqué, en rappelant les conditions de sécurité insuffisantes lors de l’arrivée de l’équipe à la gare de Rabat. «Vous avez tous vu les conditions dans lesquelles l’équipe est arrivée à la gare à Rabat. Il n’y avait pas de sécurité, il y avait une telle promiscuité avec les joueurs. On a voulu nous imposer le camp de base des Lions de l’Atlas pour nous entraîner avant la finale. Ce n’était pas possible de s’entraîner dans le camp de l’adversaire. On s’est battus et on nous a ensuite affectés ailleurs pour nos séances».
Il a également dénoncé la tentative d’imposer aux Lions de la Teranga le camp de base de leur adversaire marocain pour les entraînements, ainsi que des irrégularités dans l’attribution des places VIP et le choix tardif des arbitres. «On a dénoncé les conditions dans lesquelles on voulait que le Sénégal joue la finale. Le président de la Fédération du Maroc m’a appelé à 2h du matin pour qu’on puisse trouver une solution. Je l’ai rencontré en présence de Kalidou Fadiga. Le président de la FRMF a trouvé des solutions à tous nos problèmes. Mais, on n’avait pas abordé la finale dans des conditions équitables. Ils nous ont fait comprendre qu’ils ne voulaient pas donner d’informations sur l’identité des arbitres pour éviter les pressions possibles. On l’a su à la veille de la finale. C’était l’arbitre qui avait officié pour l’ouverture de la CAN, je n’avais jamais vu un officiel diriger l’ouverture et la finale. En plus, il y avait un contentieux avec le Sénégal», a-t-il ajouté.
Une victoire incontestable sur le terrain
Le président de la FSF a rappelé que, sur le terrain, le Sénégal avait remporté la finale : «Le match s’est joué, il y a eu des contestations, un penalty tiré et raté. Le match a pris fin, le Sénégal a gagné pendant la prolongation. On a reçu les médailles, le trophée et le prize-money. Pour nous, c’est une affaire classée. Il n’y a pas eu de réserve dans le match. La plainte a été déclarée recevable mais il n’y a pas eu de réserve».
Face à la décision du jury d’appel de la CAF, la FSF a déjà saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Abdoulaye Fall se dit confiant : «En première instance, le jury avait tranché et nous n’avions pas fait appel. Là, la commission d’appel a tranché. Sur le plan du droit, le Sénégal ne peut pas perdre ce titre. (…) Nous luttons contre une injustice, nous luttons contre une forfaiture. Les juristes nous disent tous que le règlement n’a pas été respecté. La bataille sera menée au TAS et le Sénégal est loti pour présenter un dossier béton».
Une bataille juridique et médiatique
Si la FSF promet de respecter les décisions statutaires et réglementaires de la CAF, elle ne compte pas céder sur le plan juridique et dans l’opinion publique. «On va se conformer aux décisions statutaires et réglementaires de la CAF. C’est aussi une bataille de l’opinion. Je reçois des mails du monde entier qui dénoncent cette injustice», a-t-il conclu.