La décision fait l’effet d’un séisme sur le continent africain. En retirant le titre de champion d’Afrique au Sénégal pour l’attribuer au Maroc après les incidents survenus lors de la dernière finale, la Confédération africaine de football a déclenché une vague de réactions sans précédent. Entre incompréhension, colère et soupçons, le football africain traverse une zone de fortes turbulences.
Parmi les voix les plus marquantes, celle de Samuel Eto’o n’est pas passée inaperçue. Selon les révélations du journal L’Équipe, le président de la Fédération camerounaise de football a adressé des messages à plusieurs dirigeants africains pour exprimer son profond malaise.
Dans ces échanges, l’ancien buteur du FC Barcelone et de l’Inter Milan pose des questions lourdes de sens : «Comment restaurer la confiance des supporters africains envers leur CAF ? Comment réaffirmer notre légitimité sans fragiliser davantage notre institution ?»
Le Sénégal contre-attaque, soupçons de corruption
Du côté sénégalais, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les autorités ont officiellement demandé l’ouverture d’une enquête pour «soupçons de corruption» au sein des instances dirigeantes du football africain. Une démarche forte, qui accentue encore davantage la pression sur la CAF. Cette contestation pourrait se poursuivre sur le terrain juridique, puisque le Sénégal envisage de faire appel de la décision, un droit reconnu à chacune des 54 fédérations membres.
Patrice Motsepe tente d’éteindre l’incendie
Face à la polémique grandissante, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a pris la parole pour défendre l’institution. Dans une allocution, il a tenu à rappeler les principes fondamentaux qui doivent guider l’instance : «Aucun pays africain ne bénéficiera d’un traitement plus préférentiel, plus avantageux ou plus favorable qu’un autre», a-t-il affirmé.
«J’ai déjà exprimé ma profonde déception face aux incidents survenus lors de la finale. Ils compromettent le travail remarquable accompli par la CAF depuis de nombreuses années pour garantir l’intégrité, le respect, l’éthique, la gouvernance et la crédibilité. (…) Ces incidents mettent en lumière les difficultés persistantes liées à la suspicion et à la méfiance. Il s’agit d’un problème hérité du passé. Dès ma prise de fonction, l’une des principales préoccupations était l’impartialité, l’indépendance et le respect des arbitres et des commissaires de match», a-t-il ajouté. En conclusion, Patrice Motsepe a insisté sur le respect des procédures : «On me dit que le Sénégal va faire appel, ce qui est très important. Chacune des 54 nations africaines a le droit de faire appel et de défendre ses intérêts. Et nous nous conformerons et respecterons la décision qui sera prise au plus haut niveau.»