Pendant quatre saisons, Miralem Pjanic a été bien plus qu’un simple milieu de terrain à la Juventus. Il en était le métronome, l’architecte silencieux, celui qui donnait le tempo et dictait le jeu avec une élégance rare. Aujourd’hui, dans un entretien accordé à La Gazzetta dello Sport, le Bosnien replonge dans cette époque dorée, entre exigence tactique et vestiaire de stars.
Dès son arrivée à Turin, Pjanic découvre l’univers rigoureux de Massimiliano Allegri. Un technicien réputé pour sa lecture du jeu… et son sens du détail presque obsessionnel. Une anecdote en particulier illustre cette précision : avant un choc de Ligue des champions face au FC Barcelone, Allegri lui glisse une consigne très spécifique. «Il [Massimiliano Allegri] avait tout prévu. Avant le quart de finale de Ligue des champions contre Barcelone, il m’a pris à part et m’a dit : « Essaie de tirer quelques corners vers Chiello [Giorgio Chiellini]. Demain, on les tirera comme ça. » Et c’est ce qui s’est passé. Il me taquinait aussi sur les coups francs, en me disant que je ne savais pas les tirer», confie-t-il.
Mais l’été 2018 marque un tournant majeur avec l’arrivée de Cristiano Ronaldo. Une superstar planétaire qui change immédiatement la dimension du groupe. Contrairement aux idées reçues, Pjanic décrit un leader capable de s’effacer pour le collectif. «Max m’a encouragé. Même Cristiano Ronaldo a fini par me laisser tirer les coups francs. À Madrid, Cris était un spécialiste, mais à la Juventus, il a été victime du mur. Alors, après quelques mois, il m’a dit : « Mire, maintenant c’est ton tour. » Quelle équipe ! Les matchs moins importants étaient comme des demi-finales de Ligue des champions», se souvient-il.
Le milieu bosnien partage également une anecdote qui illustre sa passion pour le travail bien fait : «J’ai grandi à l’Olympique Lyonnais avec Juninho Pernambucano, un véritable phénomène. Et j’ai eu le privilège de jouer avec Totti, Ronaldo et Messi. Leo m’a épaté à Barcelone. On travaillait les coups francs, mais il ne les tirait jamais. Il ne marquait qu’en match. Et quel but ! Cristiano était une machine. Une fois, Allegri nous a laissés sur le banc des remplaçants pour nous reposer. On est rentrés à 2 heures du matin d’un match à l’extérieur, et même là, il nous a fait faire un entraînement à Continassa», raconte-t-il, impressionné par la rigueur et le professionnalisme du vestiaire.
Toujours attentif à la Juventus, Pjanic évoque également l’avenir du club. Il met en avant l’adaptation réussie de Manuel Locatelli sous Luciano Spalletti, tout en donnant sa vision pour renforcer l’effectif : «Locatelli s’est très bien adapté au style de jeu de Spalletti et doit continuer sur cette lancée. Si Tonali n’est pas accessible, je recruterais Bernardo Silva. La Juventus a besoin d’un champion comme lui : qualité, personnalité, expérience et charisme. Bernardo pourrait changer la donne», assure-t-il.