À plus de six mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, une controverse majeure secoue déjà la planète football. Et son protagoniste n’est autre que Cristiano Ronaldo, autorisé par la FIFA à disputer le premier match du Portugal malgré une suspension encore en cours. Une décision qui fait grincer des dents au Royaume-Uni, notamment du côté de Ray Parlour et Alan Brazil, deux anciennes figures de Premier League, qui dénoncent un traitement de faveur envers la star portugaise.
Pour rappel, Cristiano Ronaldo avait été expulsé lors de la cinquième et avant-dernière journée des qualifications, après une agression au coude sur l’Irlandais Dara O’Shea, dans une rencontre perdue 2-0 par le Portugal. Cette exclusion directe lui a valu une suspension de trois matchs, dont deux avec sursis, ce qui l’avait logiquement privé de la rencontre suivante face à l’Arménie (victoire 9-1).
Mais selon les règles habituelles, une sanction conservée par la FIFA devrait s’appliquer lors de la compétition internationale suivante, en l’occurrence le Mondial 2026. Or, l’instance a considéré que la suspension avait été «purgée», permettant ainsi à Ronaldo d’être disponible pour le match d’ouverture du Portugal. Une décision jugée incompréhensible par plusieurs anciens joueurs et observateurs.
«On ne peut pas changer les règles pour une seule personne»
Toujours très franc dans ses analyses, Ray Parlour, légende d’Arsenal, n’a pas caché son irritation sur les ondes de talkSPORT : «J’adore Cristiano, je trouve qu’il a été absolument brillant pour le football, de par son comportement, mais à mon avis, il ne peut pas jouer ce premier match. Il est suspendu. Si vous frappez quelqu’un au visage avec votre coude… Comment peut-on s’en tirer comme ça ? Il y a d’autres joueurs qui ne joueront pas non plus»
Pour Parlour, le statut de Ronaldo ne doit pas entrer en compte : «Je sais que c’est sa dernière Coupe du monde et qu’il est une figure importante, mais les règles sont les règles. On ne peut pas les changer pour une personne et pas pour les autres.»
Le consultant est allé jusqu’à ironiser sur l’influence politique et commerciale entourant le quintuple Ballon d’Or : «Cette suspension est-elle de combien de temps ? Un an ? D’ici là, il sera peut-être déjà à la retraite. C’est ridicule. Alors, effaçons tout le monde. Comme ça, on n’en parlerait plus, n’est-ce pas ? Je veux voir Ronaldo, bien sûr», a-t-il conclu, avant de lancer une dernière supposition : «Il a rencontré Donald Trump et tout ça…»
«La FIFA cherche à faire plaisir aux sponsors»
Son collègue à la radio, Alan Brazil, ancien attaquant de Manchester United, a renchéri encore plus durement, évoquant un précédent clair : «Maintenant, tout le monde va protester, faire appel et dire : “Attendez une minute, comment avez-vous pu vous en tirer comme ça ?” (…). Les sponsors veulent aussi voir ça, non ? Ils cherchent probablement à plaire aux sponsors, pas seulement à Cristiano Ronaldo»
Selon lui, la FIFA ne cherche pas seulement à protéger Ronaldo, mais un intérêt économique plus large : «Beaucoup de supporters souhaitent voir leur pays en Coupe du monde, mais ils ne se sont pas qualifiés, n’est-ce pas ? Les règles sont les règles. Si vous obtenez les points nécessaires, vous êtes qualifié. Les règles sont les règles. Il était suspendu, il était écarté des terrains, et il n’aurait pas dû pouvoir jouer, aussi bon soit-il», a-t-il ajouté.
Brazil rappelle qu’une règle doit être appliquée uniformément, peu importe le joueur concerné : «Peu importe ce que l’on pense du talent de Cristiano Ronaldo, on ne peut pas appliquer deux poids, deux mesures. Non, ce n’est pas juste», a-t-il conclu.