À la veille du choc de Ligue des champions entre Benfica et le Real Madrid, Angel di Maria s’est livré sans détour dans une interview accordée au journal AS. L’Argentin, aujourd’hui à Rosario Central, est revenu sur son passage dans les deux clubs… et sur certaines idées reçues.
Ancien joueur du Benfica (2007-2010), di Maria garde un souvenir fort de son envol vers le très haut niveau. «J’ai vécu au jour le jour jusqu’à ce que, lors de ma troisième année au Portugal, j’atteigne un niveau exceptionnel et que les offres des grands clubs européens commencent à affluer. Quand le Real Madrid s’est manifesté, il était évident que je ne pouvais pas refuser. C’est le plus grand club du monde, et c’était un privilège de pouvoir y aller», a-t-il confié, évoquant un défi «magnifique». «C’était un défi magnifique, car j’ai atteint le plus haut niveau qu’un joueur puisse atteindre en club», a-t-il ajouté.
Sous les ordres de José Mourinho à Madrid, l’ailier argentin a vécu une relation particulière avec le technicien portugais. «Mou est le numéro un, de loin, en tant que personne et en tant qu’entraîneur, pour tout ce qu’il apporte au joueur, à l’équipe et au club. Il m’a tout donné et je lui en serai toujours reconnaissant. Il m’a soutenu pour que je puisse rejoindre le Real Madrid après une Coupe du monde 2010 décevante sur le plan individuel, et il m’a épaulé pour que je puisse être à ses côtés», a-t-il assuré, rappelant le soutien reçu après une Coupe du monde 2010 compliquée.
Concernant le duel entre Benfica et le Real, Di Maria admet un cœur partagé : «Le Real Madrid est quasiment qualifié, et Benfica a une mission plus compliquée, mais je ne peux pas choisir. J’étais très heureux dans les deux clubs, et je ne peux pas trancher. Que la volonté de Dieu soit faite.»
Concernant les comparaisons faites entre le nouvel entraîneur du Real Madrid, Alvaro Arbeloa, avec qui il a partagé le vestiaire, et José Mourinho, il a préféré esquiver la question : «Je ne sais pas ce qu’il vaut comme entraîneur. C’était un type formidable, je l’appréciais et nous avions de bonnes relations. Ses débuts ont été difficiles, mais il a redressé la situation et il semble que les choses pourraient bien se passer pour lui.»
«Ils disaient que je voulais gagner autant que Cristiano Ronaldo…»
Enfin, Angel di Maria a profité de l’occasion pour clarifier les raisons pour lesquelles il a choisi de quitter Manchester United à l’été 2014 pour rejoindre Manchester United, en échange d’une somme avoisinant les 75 millions d’euros, assurant que cela n’avait rien à voir avec des raisons financières.
«Je ne voulais pas partir. Ils disaient que je voulais gagner autant que Cristiano [Ronaldo], mais c’est faux. Comment aurais-je pu espérer gagner autant que quelqu’un qui a remporté plusieurs Ballons d’Or ? J’étais très heureux, j’avais gagné la Ligue des champions, et [Carlo] Ancelotti ne voulait pas non plus que je parte, mais James [Rodriguez] était arrivé, et c’est moi qui étais sur le marché des transferts», a-t-il déclaré.
«J’ai essayé de rester jusqu’au dernier jour. Je comptais continuer à m’entraîner. J’ai joué le match aller de la Supercoupe contre l’Atlético de Madrid, et pour le match retour, ils ne m’ont même pas appelé car ils avaient déjà trouvé un accord avec Manchester United, ce que j’ignorais. J’ai donc dû regarder l’Atlético de Madrid remporter le titre depuis chez moi. Ma famille et moi étions très heureux, mais parfois, ce genre de choses arrive», a-t-il poursuivi.
Pourtant, le joueur de 37 ans garde de bons souvenirs du Santiago Bernabéu, notamment de Cristiano Ronaldo… même s’il le place derrière son compatriote Lionel Messi : «Le truc, c’est que Cris travaille dur et fait des efforts pour être numéro 1, mais Messi boit du maté dans les vestiaires juste après les matchs, démontrant qu’il a un don que Dieu lui a fait pour être le meilleur.»
«En termes de professionnalisme, Cris est de loin le numéro 1. Son éthique de travail, son souci de lui-même, ses efforts constants pour être le meilleur, en compétition avec Leo, étaient très louables, mais cela a coïncidé avec l’ère Messi, ce qui a rendu son objectif beaucoup plus difficile», a-t-il conclu.