À 58 ans, Jürgen Klopp savoure pleinement sa vie après une carrière d’entraîneur marquée par le succès et les défis. Désormais directeur mondial du football chez Red Bull, l’ancien manager de Liverpool a accordé un long entretien au média britannique The Athletic, où il se confie sur sa reconversion, ses souvenirs et sa nouvelle liberté.
Malgré les rumeurs l’envoyant du côté de Benfica, Klopp assure qu’il n’a «aucune intention sérieuse» de revenir sur un banc de touche. «Je savais que je retournerais au travail, mais je savais aussi que je ne voulais plus travailler comme entraîneur», explique-t-il. Avec franchise, il ajoute : «J’ai 58 ans. Si je recommençais à 65 ans, tout le monde me dirait : “Tu avais dit que tu ne reviendrais jamais.” Mais je vous le dis : rien ne me manque.»
L’Allemand garde toutefois un regard lucide sur son parcours : «Si vous regardez ma carrière, il y en a eu d’autres bien plus réussies que la mienne, mais j’ai tout eu. J’ai perdu plus de finales de Ligue des champions que la plupart des gens. Je sais perdre et comment la vie continue. Je n’ai pas besoin de garder mon expérience pour moi. Je n’en ai jamais eu besoin, mais je n’ai simplement jamais eu le temps d’en parler, car le plus important était toujours le prochain match. Maintenant, si on me pose une question, je suis le plus ouvert qui soit.»
Une promesse à Ulla… et un taxi en plan B
Klopp revient aussi sur une anecdote personnelle datant de 2001, au début de sa carrière : «J’avais promis à Ulla de me donner à fond pendant 25 ans, sans regarder à gauche ni à droite. Et si ça ne marchait pas ? Elle m’avait dit que je pourrais conduire un taxi», raconte-t-il en souriant. Le manager souligne le prix payé pour cette carrière intense : «L’idée était de ne jamais faire ça de toute ma vie. Je n’ai jamais rien manqué de ma vie, car je n’y ai jamais pensé. Donc, en près de 25 ans, j’ai assisté à deux mariages. L’un était le mien, et l’autre, il y a deux mois. En 25 ans, je suis allé au cinéma quatre fois, toutes ces huit dernières semaines. C’est bon de pouvoir le faire maintenant.»
Le goût des voyages retrouvés
L’ancien coach profite enfin de la vie loin du football : «J’ai visité plusieurs pays en tant qu’entraîneur et je n’ai rien vu d’autre, juste l’hôtel, le stade ou le centre d’entraînement. Rien d’autre. Ça ne m’a pas manqué, mais maintenant, je le ferais (…). Maintenant, j’ai le choix. Je peux partir en vacances, et c’est moi qui décide combien. D’accord, c’est Ulla qui décide quand. Mais ce n’est pas la Premier League ou la Bundesliga qui décide.»
Red Bull et la polémique allemande
Klopp est également revenu sur les critiques liées à sa nomination chez Red Bull : «Je suis Allemand. Je sais ce que les Allemands pensent de l’implication de Red Bull dans le football. Ils adorent Red Bull, dans tous les domaines, mais dans le football ? Non. Donc, peu m’importe qu’ils souhaitent que les choses se passent ainsi. C’est drôle qu’il n’y ait eu qu’en Allemagne une telle réaction, mais ce n’est pas grave. Chacun peut dire ce qu’il veut. Il faut juste accepter que je fasse ce que je veux, tant que ça ne fait de mal à personne. D’ailleurs, je ne m’attends pas à ce que les gens se souviennent de ce que j’ai fait pour un club en particulier. Ceux qui vont au stade de Mayence aujourd’hui… Ils étaient enfants quand j’y étais [entre 1990 et 2001, comme joueur, et entre 2001 et 2008, comme entraîneur], alors leurs parents ont dû leur dire qui j’étais.»
Serein et décomplexé, il conclut avec autodérision : «C’est comme ça, et c’est normal. Je ne m’attends pas à ce que tout le monde apprécie ce que je fais. Je dois simplement le faire pour les bonnes raisons, pour mes propres raisons. D’ailleurs, à Liverpool, les gens étaient extrêmement heureux de me voir faire ce que je fais, car je n’entraîne pas une autre équipe».