Dans une interview dense et profondément humaine accordée au podcast High Performance, Robert Lewandowski a livré l’un des témoignages les plus forts de sa carrière. S’il y évoque son rôle de cadre au FC Barcelone, le choc des générations ou encore l’impact des réseaux sociaux sur les jeunes joueurs, un passage retient particulièrement l’attention : celui consacré à Jürgen Klopp, l’entraîneur qui a, selon lui, provoqué un véritable tournant dans sa vie, bien au-delà du football.
À ses débuts en Allemagne, Lewandowski n’est pas encore l’attaquant mondialement reconnu qu’il deviendra. Il peine à s’adapter, traverse des périodes de doute et se heurte à la barrière de la langue. C’est après une défaite contre l’Olympique de Marseille que tout bascule. Jürgen Klopp, alors entraîneur, prend le temps de s’asseoir avec lui. Longtemps. Très longtemps.
«C’était une conversation très importante pour moi, mais je n’ai pas beaucoup parlé. Je n’étais pas en Allemagne depuis longtemps et mon allemand n’était pas encore parfait ; je ne pouvais pas aborder des sujets émotionnels dans cette langue. Nous avons parlé pendant des heures, même s’il ne me comprenait pas très bien. J’ai senti qu’il croyait en moi, que j’étais un bon joueur, même si je ne comprenais pas ce qu’il attendait de moi. Au bout de deux heures, j’ai réalisé que j’avais été privé de ce genre de conversations avec mon père pendant des années. Après cette conversation, ma carrière a pris un tournant décisif. Il a révélé quelque chose en moi. J’ai vu son visage ; j’ai vu qu’il croyait en moi. Au-delà du football, le plus important pour moi, c’est que j’ai eu l’impression d’avoir une conversation entre un père et son fils.», confie Lewandowski.
C’est là toute la singularité de Jürgen Klopp, telle que décrite par Lewandowski. Un homme capable d’allier exigence et affection, autorité et chaleur humaine. Un entraîneur qui ne se contente pas de façonner des joueurs, mais qui construit des hommes.
«Avec Klopp, la mentalité était vraiment impressionnante. C’était le genre d’homme qui pouvait vous prendre dans ses bras comme un père, mais aussi se montrer exigeant. Klopp, c’était l’amour incarné. Guardiola, lui, était le tacticien, celui qui pouvait transformer votre potentiel mental. Parfois, il était très dur, difficile pour certains joueurs ; il donnait tout, mais il exigeait la même chose, et tout le monde n’était pas prêt à faire ça. Peut-être a-t-il changé depuis, le Pep d’aujourd’hui n’est peut-être plus le même qu’il y a quelques années. Je suis très reconnaissant d’avoir côtoyé ces grands entraîneurs et ces grandes personnalités dès mes débuts. Il a changé ma façon de penser, il m’a donné une grande confiance en mon talent.»