Le Real Madrid traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente. Jeu confus, résultats irréguliers, difficultés à faire cohabiter ses stars : la formation dirigée par Xabi Alonso peine à répondre aux immenses attentes placées en elle. Malgré une attaque de rêve composée de Kylian Mbappé, Vinicius Jr, Jude Bellingham et Rodrygo, l’alchimie tarde désespérément à se créer.
En Liga comme en Ligue des champions, les Merengues semblent dépourvus de fil conducteur offensif. Le trio Mbappé–Vinicius–Bellingham, présenté comme l’arme la plus redoutable d’Europe, manque de repères. Courses similaires, initiatives individuelles, absence de complémentarité : la machine se grippe semaine après semaine.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, Karim Benzema, observateur averti et Ballon d’Or 2022, a livré une analyse sans détour. Pour lui, la racine du problème est limpide : les rôles ne sont pas clairement définis.
«Ce qu’il leur manque, c’est juste une connexion. Entre (Kylian) Mbappé, Vinicius, (Jude) Bellingham, Rodrygo. Chacun doit savoir ce qu’il doit faire sur le terrain. Il faut que Bellingham comprenne qu’il est le meneur de jeu, pas le buteur. Mbappé, c’est le buteur, pas le meneur de jeu. Vinicius, ce n’est pas le 6, c’est l’ailier gauche. Du moment que chacun sait ce qu’il doit faire sur le terrain, c’est terminé. Parce que là, on parle quand même de mecs qui sont dans les dix meilleurs joueurs au monde, et ils sont tous dans la même équipe.», a-t-il déclaré.
Xabi Alonso face à un défi colossal
Cette situation place Xabi Alonso dans une position complexe. Le technicien basque doit gérer des profils extrêmement talentueux mais aussi très affirmés. Benzema estime que la responsabilité dépasse celle de l’entraîneur : «L’entraîneur ne peut rien faire. Il a des noms, il met les meilleurs. Après, c’est entre joueurs… Si ton coéquipier est plus fort que toi, il faut l’accepter. Le problème, c’est si tu n’acceptes pas que le gars qui est devant toi marque plus de buts que toi»
Selon lui, la cohabitation entre grandes stars demande un état d’esprit irréprochable : «C’est pour ça que tu as des problèmes quand tu as cinq ou six grands joueurs ensemble. Tout le monde va apporter quelque chose. Et finalement, le buteur sera toujours un peu plus mis en avant que les autres. Mais il a toujours besoin des autres ! Tu ne peux pas tout faire tout seul»