Rien ne va plus entre la FIFA et la FIFPRO. Le climat déjà tendu entre l’instance dirigeante du football mondial et le syndicat international des joueurs s’est brutalement détérioré à la suite de l’organisation de la dernière Coupe du Monde des Clubs aux États-Unis. Format élargi, calendrier démesuré, surcharge physique des joueurs : pour la FIFPRO, cette compétition a cristallisé l’obsession de la FIFA pour les grands événements, quitte à négliger la santé des principaux acteurs du jeu.
Des accusations graves venues du camp des joueurs
Dans une interview accordée à The Athletic, Sergio Marchi, président de la FIFPRO, a qualifié la gouvernance de Gianni Infantino d’«autocratique».
De son côté, Alex Philips, secrétaire général du syndicat, a dénoncé l’épuisement silencieux des stars du football : «Avant le Mondial des Clubs, je parlais avec certaines des plus grandes stars et elles me disaient qu’elles n’avaient pas eu de repos depuis X temps. L’un d’eux a même dit : ’Je n’aurai de repos que lorsque je serai blessé’. D’autres étaient en fait résignés et cyniques à l’idée de parler, puis vous voyez certains de ces mêmes joueurs deux semaines plus tard devoir faire des vidéos pour les réseaux sociaux disant’Nous pensons que le Mondial des Clubs c’est génial’, parce que leurs employeurs leur disent de le faire. Vous avez cette situation contradictoire où les joueurs ne peuvent pas s’exprimer. Ils sont dans une position délicate. Ils peuvent parler, mais cela pourrait avoir des conséquences. Il est inacceptable pour une organisation qui prétend exercer un leadership mondial de fermer les yeux sur les besoins fondamentaux des joueurs», a-t-il confié, pointant du doigt une atmosphère de résignation et de peur de représailles. Une plainte a même été déposée auprès de la Commission européenne.
La riposte musclée de la FIFA
Face à ces attaques, la FIFA a brisé le silence ce dimanche 27 juillet. Dans un communiqué cinglant, elle accuse la FIFPRO d’instrumentaliser les débats et de rechercher l’affrontement médiatique au lieu d’un dialogue constructif.
«Cette attitude démontre clairement qu’au lieu de s’engager dans un dialogue constructif, la FIFPRO a choisi la voie de la confrontation publique, orchestrée à travers des manœuvres de communication artificielles – qui n’ont rien à voir avec la protection du bien-être des joueurs professionnels, mais visent plutôt à préserver des intérêts personnels et des positions internes. La communauté mondiale du football mérite mieux. Les joueurs méritent mieux», affirme l’instance, qui voit derrière ces critiques la volonté de certains dirigeants syndicaux de protéger leur influence.
La FIFA se dit «extrêmement déçue» du ton adopté par la FIFPRO et défend son bilan : mise en place de 72 heures de repos minimum entre les matchs, congés obligatoires, participation accrue des représentants de joueurs, réforme du système des transferts, promotion du football féminin, garanties salariales, et lutte contre les discriminations.
Des accusations croisées de manque de transparence
La FIFA ne s’arrête pas là. L’instance s’en prend également à la gouvernance du syndicat, pointant son opacité financière et organisationnelle.
«Si la FIFPRO veut parler de transparence, qu’elle publie ses propres statuts, ses comptes et la liste de ses membres», tacle le communiqué. L’instance internationale affirme qu’elle reste ouverte à un dialogue, mais uniquement avec des acteurs «légitimes» et de bonne foi.
La FIFA accuse en creux la FIFPRO d’entretenir un climat délétère à des fins politiques. Elle appelle à mettre fin au «chantage» médiatique et à privilégier un retour à la table des discussions dans un esprit constructif.