Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, le football européen vit au rythme de la guerre. Les clubs ukrainiens sont contraints de jouer à l’étranger, tandis que la Russie reste exclue des compétitions de la FIFA et de l’UEFA. Pourtant, l’idée d’une réintégration progressive des équipes russes refait régulièrement surface dans les instances sportives, une perspective qui indigne profondément Paulo Fonseca.
Ancien entraîneur du Shakhtar Donetsk et marié à une Ukrainienne, l’actuel coach de l’Olympique Lyonnais vit ce conflit de manière intime et personnelle. Dans un entretien accordé à L’Équipe, il a dénoncé ce qu’il qualifie de «complaisance naissante» envers la Russie, jugeant absurde de parler de retour sportif alors que l’Ukraine ne peut même plus accueillir de matches sur son territoire. «Nous allons jouer contre la Russie à Moscou alors que les Ukrainiens ne peuvent pas disputer leurs matches chez eux ? Pour moi, c’est inacceptable», a-t-il expliqué, fustigeant l’attitude de certaines instances sportives.
Macron, un allié courageux de l’Ukraine
Au fil de l’entretien, Fonseca a tenu à saluer le rôle du président français Emmanuel Macron. Pour le technicien portugais, le chef de l’État a été l’un des soutiens les plus courageux de l’Ukraine en Europe. «Emmanuel Macron a été l’un des meilleurs alliés de l’Ukraine. Il a peut-être été le président le plus courageux de tous les pays européens. Il n’a jamais eu peur d’affronter la Russie et parfois les États-Unis et nous l’en remercions. Nous aurions besoin de plus de Macron. Nous avions besoin de plus de présidents avec le courage du président français», a-t-il souligné.
Fonseca estime que l’Europe aurait pu aller encore plus loin dans son soutien. «J’ai l’impression que, si ça n’avait tenu qu’à lui, les Européens auraient fait beaucoup plus. Ce serait allé au-delà de l’aide militaire, l’Europe aurait été plus courageuse. Elle doit démontrer qu’elle n’a peur de personne», a-t-il ajouté.
Une nuit dans un bunker à Kiev
Le Portugais a également livré un récit poignant de ses dernières heures passées en Ukraine en février 2022. Face à l’avancée des troupes russes et au chaos sur les routes vers Lviv, Fonseca et sa famille ont trouvé refuge dans le bunker d’un hôtel appartenant au président du Shakhtar Donetsk.
«Le trafic était complètement bloqué sur la route en direction de Lviv. Et là, mes amis du Chakhtior m’ont appelé. « Mister, où est-ce que tu es ? Ne va pas là-bas, c’est impossible de sortir, viens ici, nous sommes tous ici ensemble ». Le président du Chakhtior possède un hôtel avec un bunker au premier sous-sol. Nous sommes allés à l’hôtel. Nous y avons passé une nuit avec Roberto De Zerbi, qui était alors l’entraîneur du club. Il était là avec son équipe technique et la plupart des joueurs brésiliens du club. Nous étions peut-être 60, effrayés, parce que nous regardions à la télévision les soldats russes qui essayaient d’entrer dans Kiev», se souvient-il.