L’été 2001 a marqué un tournant dans l’histoire du football moderne. Ce jour-là, Zinedine Zidane, alors star incontestée de la Juventus Turin, rejoignait le Real Madrid pour une somme astronomique : 80 millions d’euros, un record absolu à l’époque. Derrière ce transfert légendaire se cache une histoire aussi stratégique que symbolique, racontée aujourd’hui par Luciano Moggi, l’ancien directeur général de la Juve, dans une interview accordée à ABC.
Révélé aux yeux de l’Europe avec les Girondins de Bordeaux, notamment grâce à une épopée en Coupe UEFA en 1996, Zidane avait séduit les plus grands clubs du continent. Ce fut finalement la Juventus Turin qui s’attacha ses services.
Durant cinq saisons à la Vieille Dame, il s’imposa comme le meilleur joueur du monde, remportant deux titres de champion d’Italie, un Ballon d’Or (1998) et disputant deux finales de Ligue des Champions. Son élégance et sa vision de jeu en faisaient l’architecte du football européen de la fin des années 1990.
Moggi : «Fiat n’allait pas bien, il fallait vendre»
Mais à l’été 2001, la Juve traverse une période économique délicate. Le groupe Fiat, propriétaire du club, est en difficulté, et une vente majeure devient inévitable. C’est alors qu’un certain Florentino Pérez, candidat à la présidence du Real Madrid, entre en scène.
«J’ai rencontré Florentino Pérez alors qu’il allait se présenter comme président du Real Madrid. Il est venu me voir et m’a demandé s’il pouvait utiliser le nom de Zidane en cas de victoire. J’ai dit oui, sans problème», raconte Luciano Moggi. «Nous pensions à remanier l’équipe, et même si c’était un joueur formidable, Fiat n’allait pas bien et nous devions vendre pour générer de la plus-value.»
Un accord entre géants
Les négociations furent rapides et fructueuses. Initialement, le transfert devait s’élever à 70 millions de lires, mais Moggi parvint à doubler la mise. «Le prix initial était de 70 millions de lires, mais j’ai finalement obtenu le double (environ 80M€). Les deux parties étaient satisfaites. Ils ont fait un excellent investissement car en plus des performances sur le terrain, ils ont fait un travail marketing remarquable.», poursuit Moggi.
Le pari gagnant du Real Madrid
Le reste appartient à la légende. Sous le maillot blanc, Zidane offrit au Real des moments gravés dans l’histoire, notamment sa volée mythique en finale de Ligue des Champions 2002 face au Bayer Leverkusen.
Au-delà du sportif, le Français devint l’icône du projet des «Galactiques», initié par Pérez avec Figo, Ronaldo et Beckham, alliant spectacle, succès et rayonnement mondial.